Prise de son batterie : Le choix des micros
PRISE DE SON

Prise de son batterie : Le choix des micros

Notre batterie a été correctement installée là où on a estimé qu'elle sonnait le mieux comme on l'a vu dans la première partie, à présent il est temps de choisir quels micros on va utiliser pour l'enregistrer.

Le choix et le nombre de micros

Comme pour tout type de prise de son, le choix des micros va dépendre de plusieurs facteurs : le type d'instrument, la manière dont il va être joué, donc on pourrait associer ça entre le style de musique et le musicien, son environnement acoustique et surtout suivant comment on a envie qu'il sonne sur notre disque. Et j'ai envie d'ajouter, suivant le matériel dont on dispose...

Que vous soyez dans un studio professionnel, chez vous ou dans votre local de répétition, la qualité de vos enregistrements de batterie dépend avant tout du type et du placement des micros.

La technique à un micro (Le "tout-en-un")

Si vous n'avez qu'un seul micro, l'objectif est d'être aussi proche que possible de chaque élément du kit pour garder du punch sans capturer trop de résonance de la pièce. L'idéal serait un micro avec une directivité omnidirectionnel placé juste au-dessus de la batte de la grosse caisse, entre la caisse claire, le tom alto et le tom basse, tout en restant assez proche des cymbales.

Un micro statique (condensateur) omnidirectionnel aura une grande sensibilité pour obtenir un maximum de détail et pourra encaisser les niveaux sonore sans problèmes.

En le plaçant proche de la source, on s'affranchit des résonances de la pièce, ce qui peut être un avantage si l'acoustique n'est pas optimale.

La technique à deux micros

L'ajout d'un second micro permet d'apporter un peu plus de précision et permet de faire de la stéréo si on le souhaite.

Plusieurs options s'offrent à nous, nous pouvons capter le plan vertical ed la batterie en placant un micro en overhead au centre du kit avec un micro cardioïde et le second au niveau de la grosse caisse généralement à l'extérieur, juste devant le centre de la peau de résonance pour avoir le plan horizontal.

L'autre option est d'utiliser ces 2 micros en overhead disposé en couple au dessus des cymballes sur le plane vertical ou en face de la batterie en les plaçant judicieusement en fonction de la distance critique de votre pièce.

La technique à trois micros (Mono vs Stéréo)

Le troisième micro vient souvent pallier le manque de présence du tom basse ou de la grosse caisse selon la configuration que vous aurez choisi précédement.

Option A : Configuration Mono

En partant de la première option de notre précédente configuration, le troisième micro est placé près du tom basse, mais avec un peu de distance pour apporter de l'ambiance à la caisse claire. Vous serez dans une configuration qui porte le nom de son inventeur Glyn Johns. Utilisez un câble ou un mètre pour mesurer la distance entre le centre de la caisse claire et chaque micro. Ils doivent être équidistants pour éviter les problèmes de phase.

Option B : Configuration Stéréo

Placez deux micros statiques cardioïdes au-dessus du kit (overheads), au-dessus des toms et à proximité des cymbales, tout en restant à égale distance de la caisse claire. En poussant les panoramiques (pan) à gauche et à droite, vous obtenez une image large où les toms se déplacent dans l'espace. Le troisième sera devant la grosse caisse.

La technique à quatre micros

En passant à une configuration stéréo, on perd parfois un peu de punch sur la caisse claire. On peut par exemple garder notre configuration à trois micros (stéréo) et rajouter un micro dédié spécifiquement à la caisse claire. Pensez bien sûr à vérifier les polarités des micros pour être sûr que tout va bien.

A partir de là, on peut trouver les directions qui nous conviennent, car on ne vas pas utiliser les mêmes micros, ni les même techniques, pour enregistrer une batterie jazz et une batterie métal. Cela va sans dire...

Plus de micros pour plus de précision

Comme vous pouvez le constater, plus vous disposerez de micros, plus vous obtiendrez un son précis, et pas forcement plus compliqué à mixer. De manière général, on va partir sur un minimum d'un micro par élément :

  • 1 micro grosse caisse
  • 1 micro caisse claire
  • 1 micro par tom
  • 1 micro charley
  • 1 micro Ride
  • 2 micros overhead
  • 1 ou 2 micros d'ambiance

Comme tout bon enregistrement professionnel qui se respecte, le but est d'avoir le maximum de précision dans notre son et comme je le disais, plus on aura de micros et plus notre son sera précis. Voilà pourquoi on doit rajouter plusieurs micros pour capter cette précision.

On peut rajouter un ou deux micros supplémentaire sur la grosse caisse pour capter plus facilement l'ensemble du spectre. En combinant par exemple un subkick qui nous apportera le grave, un micro dynamique comme un SM57 ou un AKG D112 pour apporter la partie medium et un micro statique pour tout le reste du spectre. Un exemple type dans les studios pros, est le célèbre U47 de chez Neumman.

On peut faire de même pour la caisse claire, on peut combiner un SM57 et un autre type de micro comme un 451 ou un 414 de chez AKG, pour enrichir notre son. Sans oublier son timbre que l'on peut capter avec le même genre de micro.

Même chose pour les toms, ils auront besoin d'un micro. Un micro dynamique vous donnera de bons résultats, le classique est le MD421 de chez Sennheiser mais pour obtenir plus de précisions et de profondeur on peut utiliser des micros statiques selon les styles.

Les micros statiques comme les 414 "encaissent" très bien. Une astuce est de les mettre en bidirectionnel (figure en 8) pour avoir un effet de proximité plus prononcé (sous réserve qu'il n'y ai pas de cymbales de l'autre côté) et éviter les phénoménes de "repisses" entre eux.

Notez qu'un tom basse peut sonner vraiment très grave suivant la taille du fût. Un micro dynamique avec une bonne réponse en fréquence dans le grave vous aidera à capter ces fréquences.

Pour chaque cas de figure on prendra soin de bien vérifier nos phases, mais nous en parlerons dans un autre chapitre.

Si à ce stade vous disposez de suffisamment d'entrée dans vos convertisseurs, vous serez pas trop  mal.

Sensibilité des micros

Mis à part les quelques exemples de micros que je viens de vous citer, pour bien choisir nos micros, il faudra décider de la sensibilité de chacun d'entre eux. Comme on vient de le voir, les premiers choix seront des micros dynamique pour les fûts : grosse caisse, caisse claire, toms.

Tout simplement parce que ces éléments dégagent une forte pression acoustique et qu'il faut des micros solides pour pouvoir encaisser ces pressions et surtout pouvoir les capter sans saturations. Notez quand même qu'un micro statique pourra lui aussi encaisser ces forts niveaux.

L'avantage, c'est que les micros dynamique étant moins sensibles, vont minimiser la "repisse" entre les éléments. Dans des styles plus "cool" comme le jazz ou des musiques très acoustique, il n'est pas rare de disposer des micros statiques. L'avantage est que ces micros vont amener beaucoup plus de naturel de part leurs sensibilité, donc une sensation plus chaleureuse.

Courbe de réponse des micros
La grosse caisse

Autre facteur à prendre en compte, c'est la courbe de réponse des micros, par exemple dans le cas de la grosse caisse, on va préférer un micro qui aura une bonne réponse dans le grave.

Voilà pourquoi on va choisir les références que l'on connait tous comme : le Yamaha SubKick,  le Beyer ATM 25, le AKG D112, l'audix D6, le Shure beta 52, le sennheiser e602 et bien d'autres Une petite exception pour le Shure SM91 qui est un micro à zone de pression mais qui fonctionne plutôt bien sur la grosse caisse.

Leurs points commun, c'est que leurs réponses dans le grave est parfaite pour bien restituer le "bas" de la grosse caisse.

La caisse claire
Courbe d'un Shure SM57

Inutile de vous présenter le fameux Shure SM57 qui doit être le micro le plus utilisé pour la caisse claire. Il suffit d'observer sa courbe de réponse pour comprendre pourquoi. En effet, l'accentuation dans les 6 khz apporte une couleur intéressante et l'attaque autant pour la peau que pour le timbre.

Le SM57 pourrait très bien s'adapter aussi aux toms, mais on lui préfère souvent le Sennheiser MD421 comme je vous l'expliquais plus haut. Le petit plus de ces micros c'est que l'on peut y trouver un coupe bas réglable, pratique pour gérer l'effet de proximité.

Les cymballes

Pour les sons des cymbales, on va opter pour des micros qui seront plus sensibles dans les aigus, il faudra s'orienter forcement vers des statiques. Une autre référence pour ça, est le Neumann KM184 ou tout autre micro avec un petit diaphragme. Pour le charley et la ride, il est idéal. On voit sur sa courbe cette bosse en dessous des 10 kHz impeccable pour les sons de cymbales.

1091
Overheads et rooms

Même principe pour les overheads, on choisira plutôt des statiques qui couvriront l'ensemble du spectre et donneront tout le naturel de la batterie. N'hésitez pas à vous créer des combinaisons pour capter toutes les informations.

Je pourrais vous citer plein de références pour ça, mais je pense à un couple de Mojave MA 200 pour le côté un peu medium et un couple de GTC40 de chez Earthworks, qui eux seront très clair et naturel. Mais il existe tellement de référence quoi pourraient faire l'affaire qu'il est impossible de toutes les nommer.

Pour capter le son de votre pièce, le micro statique est de rigueur, vous pouvez essayer aussi des micros à ruban comme un royer 121. Le PZM de chez crown aussi peut donner de super résultats si on a une grande pièce.

Ca m'arrive parfois d'utiliser des vieux micros dynamique ou autre, même endommagés, que je sature volontairement avec un pré-ampli, pour apporter un peu de mordant à mon son.

Le meilleur ami du micro : le pré-ampli

Un mot pour finir ce chapitre, sur l'importance du rôle d'un pré-ampli pour notre micro. Il y aurait beaucoup à dire, mais pour faire simple, faites des essais de combinaisons de source/micro/pré-ampli pour voir ce qui marche le mieux dans votre cas. Parfois les différences peuvent être énorme d'une config à l'autre.

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