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Le micro ultime, légendaire, classique et incontournable ! Absolument tout le monde, tous styles et époques confondus a, un jour, chanté dans un U47 : Frank Sinatra, Elvis, Nat King Cole, Ella Fitzgerald, Bob Dylan, David Bowie, les Beatles, Pink Floyd, Thom York (Radiohead), Jim Morrison (The Doors), Stevie Wonder, Robert Plant, Mick Jagger, Elliott Smith, Aretha Franklin, Johnny Cash, Miles Davis, John Coltrane, Rod Stewart, Alanis Morissette, James Brown, Tony Bennett, Amy Winehouse, Stevie Wonder, Lady Gaga… La liste est sans fin !
Tout studio professionnel digne de ce nom se doit d’en posséder un (ou au moins une copie) !

Tout a été dit et redit sur le U47, il y a beaucoup d’informations en ligne, très documentées et sourcées. Parfois très, voire trop précis mais aussi parfois trop approximatifs, dans le désordre, incomplet et éparpillées sur des articles de blogs et des forums abandonnés. Je vous propose donc un article le plus complet possible sur le U47. J’essaye en tous cas de créer une vison globale qui donne un maximum de clés pour comprendre ce micro, son fonctionnement et son utilisation. J’ai étayé mes recherches d’entretiens avec des techniciens et de grands ingénieurs du son que je remercie infiniment pour leur temps et sur patience : Marc Henry de l’atelier du microphone, Sammy Maujard des micros griffon, Peter Claes et Pierre Jacquot ainsi que Julien Basseres et Hans Martin Buff.

Néanmoins il se peut que des erreurs ou des manquement soit présent ! Si vous avez des informations ou si vous souhaitez me communiquer de nouveaux éléments vous pouvez me contacter sur mon site.

Vous trouverez ici l’histoire complète des micros Neumann et des liens vers chacun de leurs micros.

L’histoire du U47

Le développement de l’U47 commence en 1945. Les premières versions sont présentées en 1947 au « German broadcast trade show», genre de salon professionnel comme le « Namm». Il est commercialisé en 1949. C’est le premier micro à proposer 2 directivités (Cardioïde et Omnidirectionnelle) pour une seule capsule !

Il s’agit de la célèbre capsule M7 présente dans le CMV3A mais avec une tirette qui permet de changer la directivité directement sur le corps. Il peut encaisser jusqu’à 120 db de pression.

Conçu à l’origine comme un micro de distance pour orchestres et pour la radio, il sera rapidement détourné pour faire des prises de proximité, chaleureuses et percutantes pour le Jazz et le nouveau Rock’n’Roll qui est en train d’arriver.

Ce micro fut une révolution sonore : à l’époque, aux USA, on utilise principalement des micros rubans RCA ou des dynamiques Altec. Ce sont de très bons micros mais qui sont à mille lieux de la qualité de la haute définition de l’U47. Ce micro a tout changé ! 70 ans après, c’est encore une référence !

Il coutait 400 dollars dans les années 50 soit environ 4000 dollars en 2021. Ce qui était 3 fois plus que les meilleurs micros à rubans de l’époque. Cela ne l’empêcha pas de s’imposer très rapidement dans les studios du monde entier.

Des caractéristiques hors du communs !

Les 3 aspects déterminant pour le son d’un U47 sont : la capsule M7, la lampe Telefunken VF14 et le transformateur de sortie Haufe BV08. C’est l’alliance de ces 3 composants qui crée ce son unique, novateur et si particulier.

Le U47 est un micro extraordinaire fabriqué avec les moyens du bord et de bouts de ficelle disponibles à l’époque. Il propose un super transformateur et la VF14 qui est à l’apogée de la recherche en matière de lampe pour cette période.

Marc Henry de l’atelier du microphone
Le U47 est un micro étonnamment simple avec seulement une dizaine de composant.
On peut voir en haut à gauche la capsule (ici une K47), La VF14 au milieu et le transformateur BV08 en haut à droite.

Tout est important dans un micro : la taille et la forme du corps, l’agencement de la grille, la hauteur à laquelle la capsule est suspendue, etc. Par exemple, la barre au-dessus de la grille du U47 a une influence sur le son. Si vous enlevez cette barre, cela ne sonnera plus comme un U47.

Le U47 avait néanmoins un défaut. Il ne maintenait pas un niveau de sortie égal selon la directivité. En effet, en cardioïde il a 5db de niveau en plus qu’en position omnidirectionnel. Ce défaut est dû à la manière dont est conçu le sélecteur de directivité. Problème qui est souvent résolu sur les copies en utilisant un schéma différent.

En 1954, la BBC a fait passer un test à l’U47 pour une possible utilisation du micro en concert ou en radio. Vous pouvez trouver l’étude complète ici : http://downloads.bbc.co.uk/rd/pubs/reports/1954-23.pdf 

1. La Capsule M7

Il s’agit donc de la même capsule M7 que l’on trouvait dans le CMV3A. Elle est constitué d’une contreplaque centrale rigide et perforée. Sur ses deux faces est collée une membrane en PVC pulvérisée d’or.

Les deux membranes reçoivent chacune une tension de polarisation séparée via une électrode fixée en leur centre.

La contreplaque reçois également une tension. Cela crée un double condensateur.

On voit bien sur cette photo les 3 électrodes :

  • 1 pour la contre-plaque (file jaune)
  • 1 pour la face avant (file rouge avant)
  • 1 pour la face arrière. (file rouge derrière)

On obtient différents diagrammes (les directivités) par différentes alimentations et inversions de polarité des membranes. On appelle cela du “matriçage par résistance”.

L’U47 propose les 2 premières polarités. L’U48 la 2e et la 3e.

2. La lampe VF14

Si vous avez déjà traîné dans les couloirs d’un studio, vous avez entendu parler de cette célèbre lampe, ultra rare, ultra chère et qui donne à l’U47 sa sonorité si particulière. Cette lampe a une histoire bien à elle et je lui consacre un chapitre entier un peu plus loin.

Dans la musique et les studios d’enregistrement, nous sommes surtout habitué aux lampes en verre où l’on peut voir les filaments rougir (ampli guitare, compresseur,…). La VF14 elle, est une lampe en acier. Une technologie développée en Allemagne entre 1936 et 1938 sur laquelle se concentreront les principaux fabricants de lampes allemands jusqu’aux années 50.

Différents modèles de lampes en acier fabriqué en Allemagne entre 1938 et 1945.

A l’origine destinées aux postes de radio, la guerre en décida autrement. La majeure partie des lampes utilisées par l’armée allemande sont en acier. L’EF14 fut notamment utilisée dans le système de guidage des tristement célèbres missiles allemand V2 envoyés sur Londres durant la bataille d’Angleterre et qui ont traumatisé le jeune Keith Richard.

Contrairement à un micro dynamique, un micro statique à lampe a besoins d’électricité pour fonctionner : il lui faut du courant pour polariser la capsule et pour alimenter la lampe. Chaque modèles de micros à ses propres spécificités et besoins.

Durant la seconde guerre mondiale, la plupart des réseaux électriques européens ont été détruits par les bombardements alliés et le réseau allemand est en miette. Il propose du courant alternatif de 105V (entre 100 et 110 volt selon les sources) de manière irrégulière (coupure de courant, fluctuations…). Le pays doit se reconstruire vite et l’information est vitale.

La Berliner Rundfunk (la radio berlinoise, l’équivalent de la BBC ou de l’ORTF) commande à Georg Neumann un micro pouvant à la fois fonctionner sur un courant alternatif de différents voltages (110 V, 220V) et sur du courant continu (105V, 110V et du 220V venant de batteries portables fournies par l’armé US ou par des générateurs).

Avec un courant alternatif comme celui dont on dispose de nos jours, il suffit de mettre des transformateurs pour élever ou abaisser la tension que l’on envoie au micro. Mais avec du courant en continu on ne peut pas mettre de transformateur. Il fallait donc se contenter du 105V continu et construire un micro qui fonctionne avec.

Telefunken en coopération avec Neumann développa donc la VF14 qui chauffe à 55V avec du courant continu et qui pouvait fonctionner en harmonie avec la capsule M7 qui elle, nécessite environ 60V. Comme beaucoup de lampe, la VF14 est « sous alimentée ». On a donc des résistances pour abaisser la tension à 34V.

L’U47 nécessitera donc 100V (oui 94 !) pour fonctionner et répondra à la demande de la Berliner Rundfunk .
L’intérêt pour Neumann est également de vendre un micro qui fonctionne dans le monde entier, peu importe le type de courant.

Il existe des U47 extrêmement rare conçus pour fonctionner sans bloc d’alimentation externe et qui se branche directement sur le secteur et divise le courant entre la lampe et la capsule.

Certains postes de radio Telefunken proposaient sur le même système 2 lampes VF14 en série.

Je reviens en détail plus loin sur l’histoire de la VF14.

Petite anecdotes techniques bonus :

La VF14 est une pentode, c’est à dire qu’elle a 5 électrodes, dont 3 « grilles ». Dans un U47 elle est utilisée comme une triode avec 2 des grilles reliées entre elles et connectées à l’anode. L’objectif était d’exploiter les supposées qualités supérieures de la triode. Le circuit de chauffe qui permet à la lampe d’émettre des électrons, fonctionne avec du 55V.

Carter M. Armstrong

Il existe différentes manières de polariser une lampe, appelé le « mode de polarisation » : automatique et fixe.

La majeure partie des micros ultérieurs ont une polarisation automatique mais le U47 utilise une polarisation fixe, pour moi la meilleure. Cela participe à cet effet de « grosse voix » et augmente cette impression d’effet de proximité. La raison est probablement technique car le mode automatique nécessite d’avoir un condensateur chimique dans le micro et cela n’était pas possible a cette époque.

Je ne suis pas sûr de savoir pourquoi ils avaient adopté ce principe de polarisation fixe de la VF14. effectivement ça évite de mettre un condo supplémentaire qui aurait été volumineux en 1947 et aurait peut être poussé à faire un “super long body 😃 ) et aussi ça sonne d’enfer, curieusement je trouve que ça ajoute une espèce d’effet de proximité supplémentaire, de la matière…mais c’est aussi plus bruyant. c’est probablement pour ça que certains (Peluso) utilisent une polarisation auto classique, qui permet aussi de “caser” des EF12k qui auraient été trop bruyantes en pola fixe.

Marc Henry de l’atelier du microphone

3. Le transformateur BV-08

Dans un micro, le rôle d’un transformateur est de symétriser du signal ce qui permet de transporter le son sur une plus grande distance sans perte ni bruit indésirable. Le transformateur apporte également de la distorsion harmonique : une génération d’harmonique qui colore le son. Le genre de petit plus qui nous plait tant !

L’impédance de sortie fournie par le BV08 est de 200 ohms. Modifiable à l’intérieur du U47 via une vis jusqu’à 50 Ohms (on le voit sur le schéma présenté plus haut).

Modèle de BV 08 restauré par Haufe

Développé par NWDR, (North West German Radio) le BV08 est un modèle particulièrement exceptionnel car produit précisément pour l’audio ! A l’époque, la plupart des modèles de transformateurs sont créés pour gérer des courants électriques de puissance et utilisent donc des matériaux plus économiques.

Le BV08 est donc supérieur en tout point ! Fabriqué par Haufe, il n’y a en réalité pas eu un BV08, mais plein de variantes : BV8, BV08, BV-08, etc. Avec probablement des petits changements et variantes liés aux ressources disponibles et qui participent au fait que chaque U47 est différent.

BV signifie “Bau-Vorschrift” ce qui signifie « Règlement de construction ». Une bien belle information qui ne sert à rien.

Les différents modèles de Transformateurs présent dans les U47 par Olivier Archut:
  1. from U47P
  2. GN107 in metal case from very old version (large Badge) -> # 500
  3. BV08 in metal case from old U47 ~ # 500 -> # 1300
  4. BV08 normal series after # 1300 ( repair by HAUFE )
  5. BV08 new version made by HAUFE
    La seul différences est techniques : le « 1 » a des pertes de 1db à 20Hz et 50hz.

All GN107 transformers I have seen were in a pretty bad state, those transformers were wound with pre WWII wire and the PVC coating has the same problem than the PVC M7, the surface is not coating the copper anymore and some of the turns have shorts, so high and low end are compromised. I rewound several GN107 and the very early ones that were also used in Gefell CMV5 bottles used sub-standard metal cores, the later UI cores (similar in size to the later BV8 core) used a different core alloy than the BV8. There is a distinct difference in sound and for my taste I prefer the BV8.

Oliver Archut

Le cœur du transformateur (autour duquel est enroulée la bobine) est dans un alliage peu commun qui n’est plus produit de nos jours. Dans le cadre de la restauration d’un vieux U47 il peut être intéressant de refaire la bobine d’un BV08 vintage défectueux en conservant le cœur (service proposé par Hauffe). Néanmoins, on trouve de nombreux condensateurs proposant des caractéristiques techniques identiques.

La construction particulière du BV08 crée un coupe bas dans les graves, baissant ce qu’il y a en-dessous de 40Hz. Ce qui protège naturellement le signal des “rumbles” dans les infra-basses.

Pour les U47 destiné à la radio l’empilement des plaques est différent et la courbe est accentuée allant jusqu’à 120Hz. (10-12 db par octave) Il est possible de réparer ces transformateurs pour les adapter au travail en studio.

Vous trouverez encore plus de détails techniques et électrique pour geeker comme des fous ici : 
https://www.tab-funkenwerk.org/articles-tech-documents-2/bvo8-transformer/

U47 à 360 degré : On voit très bien la M7, La VF14 et le BV08.

Les Accessoires

Les U47 étaient fournit avec une alimentation, un câble et une suspension.

Le câble à prise “Tuchel” qui relie le micro à l’alimentation est nommé UC4. Certain câbles ont un système pour fixer le micro directement sur un pied sans utiliser la suspension. Ici un modèle récent.

La suspension (“shock mount” en anglais) fournie par Neumann avec le micro se nomme Z-37.

Sur certaines photos des Beatles aux studios Abbey Road, on peut voir sur les U47 des filtres anti-pop de petites tailles parfaitement adaptés aux U47. Ces anti pop étaient fabriqués « maison » par Abbey Road et non par Neumann.

L’alimentation « NG »

Le U47 était fourni avec une alimentation (PSU en anglais) nommée « NG » puis « NG1 » pour les derniers modèles. Il était possible de commander les U47 en couple stéréo, dans ces cas-là, ils étaient fournis avec un double bloc d’alimentation nommé « NG2 ».

Il existe de nombreuses variantes de bloc d’alimentation : forme du bloc, manière dont est découpé l’acier, agencement interne, boutons utilisés, prises XLR standard ou allemande, etc. Ces différences n’ont pas incidence sur le son ou le micro.

On peut néanmoins différencier 2 modèles : les “early” jusqu’en 1954, qui ont des “bobines d’arrêt” assez sophistiquées qui effectuent un meilleur filtrage et les “late” (à partir de 1954), que l’on peut reconnaitre directement car elles sont deux fois plus légère.

The first series, made until ca. 1954 still had sophisticated (and expensive) choke coils in the circuit, which did an even better filtering than the series that came after that. It can be easily  identified without even opening up the cover : It’s almost twice as heavy as the later series. If you want to search for a ‘period-correct’ power supply for your U47, please submit the mic’s serial number, and I will advise what supply is the ‘correct’ one. Bottom line : functionally, both original U47 supplies are equally over-engineered, as far as filtering out AC is concerned, and neither of them has ANY voltage stabilization built in.

Klaus Heyne

Toujours négligée par tout le monde ! Elle joue un rôle capital. La self en tête présente sur les premiers modèles (celles qui pèsent lourd 🙂 ) filtrent mieux les pics de diodes de redressement (ça rend le haut médium plus propre). Idéalement à la place de ces diodes il faudrait…une valve redresseuse ! Une lampe, quoi…suivie de selfs et de condos de haute qualité…c’est du délire, mais c’est mieux…

Le meilleur son, plus naturel, propre, relax, plein, on l’obtient en ne mettant pas de régulation du tout. l’inconvénient c’est qu’avec les fluctuation du secteur (qui peut passer de 217 à 245 facile) le son change un peu…mais pas tant que ça…

Marc Henry

Il est possible d’adapter la vieille prise électrique qui utilise un câble électrique gainé de tissu (oui, comme pour les fers à repasser, pour éviter que ça fonde avec la chaleur) avec prise en porcelaine (attention fragile) par une prise « schuko » classique et la prise xlr allemande par une prise xlr standard. Il est également possible de modifier (modder) les alimentations : « Heater and HV Regulator »(?).


Les différentes modèles de U47 : 

1947 – Le U47 « Large Badge »

Les 300 premiers U47 ont un gros badge en aluminium. A priori, la seule différence avec les modèles suivants est le transformateur nommé GN107 fabriqué par Neumann Gefell contrairement aux BV08 fabriqués par Haufe. (Plus d’infos sur le GN107 dans la partie de l’article sur le BV08).

Certains des tous premiers U47 ont également un support de capsule différent qui rappelle celui de la M7 dans le CMV3.

1953 – Le U47 P

Micro et Photo : Peter Claes

Construit en très peu d’exemplaire entre 1953 et 1955 pour le label/ fabricant d’électroménager Philips avec un transformateur différent et donc une impédance différente (600 ohms au lieu des 200 habituels) : il s’agissait d’un corps de U47 avec un système permettant de changer les capsules comme sur un CMV3/A !

L’embout Z2 est un socle sur lequel on peut mettre les capsules interchangeable utilisé au préalable sur le CMV3/A : M7, M8 ou M9.

On peut ensuite rajouter l’embout “torpedo” Z1 qui permet d’utiliser les capsules M48a (KK53), M5 ou K4).

Le studio ICP de Bruxelles en possède un exemplaire ainsi que Peter Claes (également un belge) qui possède un U47P provenant des studios Barclay où ont notamment enregistré Jacques Brel et Léo Ferré. Un micro historique !

« Le son est différent d’un U47, de par la différence de grille on peut se rapprocher plus près et avoir plus de chaleur »

Peter Claes

1956 – Le U47 “Short Body”

La seul différence avec entre les U47 Neumann et Telefunken c’est l’étiquette.

En 1956, Neumann modifie l’agencement des pièces dans le micro. Cela leur a permis de réduire la taille du micro de 40mm de hauteur et 3mm de circonférence. Un détail important à une époque où il fallait encore cacher les micros sur les plateaux de cinéma. On fait donc la différence entre les long body (pre-56) et les short body (post-56).

A priori cela ne change rien au son. Tous les U47 sortis à partir de 1956 sont des short body.

Certains ingénieurs du son ne jurent que par les « long body » je pense que le phénomène a plusieurs origines. Certaines sont certainement subjectives et d’autres sont probablement plus objectives : fabriqués en premier, l’attention qui leur était portée lors de la fabrication était sans doute plus grande. D’autre part La VF14 est connue pour être microphonique : elle interagit forcément avec son milieu, se dissipe thermiquement différemment et ses spécificités varient un peu : un espace plus grand pourrait agir sur son “comportement”…

En revanche, ce que je peux dire avec certitude, c’est que de grosses variations existent entre les U47 “short body”. C’est moins vrai pour les “long body”. Dans certains studios prestigieux que je fréquentais, on m’apportait une desserte sur laquelle je choisissais (sous les conseils avisés du spécialiste) le modèle le plus adapté à ce que je voulais faire !!! Ils étaient finalement assez différents et souvent auréolés de leurs célèbres utilisateurs ! Chaque fois qu’il y avait des “long body” en revanche, ils faisaient partie du top 3 et sonnaient exceptionnellement bien… et assez proches !

Pierre Jacquot

1956 – Le U48

Produit à partir de 1956, le U48 est identique au U47 si ce n’est qu’il propose la directivité bidirectionnel à la place de l’omnidirectionnel. Les U48 sont tous des « short body ». L’U48 subira la même trajectoire que le U47 pour les capsules : d’abord M7 puis K47 en 1960.

La directivité en figure de 8 est très utilisée à l’époque du magnéto 4 pistes pour enregistrer des harmonies vocales en face-à-face sur une seule piste (Pas forcément le cas sur cette photo).

Le U48 a une polarisation de capsule légèrement différente : elle est de 52,5V contrairement à 60V pour un U47. Cela résulterait à une sensibilité légèrement inférieure au U47 et donc un caractère légèrement différent. (le « voltage divider est différent », débrouillez vous avec ça !)

Le célèbre U47 Telefunken de Sinatra aux Studios Capitol (surnommé le « teli ») est en réalité un U48. Il sera abondamment utilisé par Al Shmitt notamment avec Diana Krall et Bob Dylan.

La légende raconte que George Martin enverra certains U47 des studios Abbey Road chez Neumann pour les faire modifier en U48, y compris les numéros de série. Il suffit pourtant de 3 vis et une tête de U48 pour changer la directivité. A vérifier.

Dans une vidéo pour “Sound On Sound“, L’ingénieur responsable de la collection de micros des studios Abbey Road à Londres raconte à Sylvia Massey que lors de la réception d’un U48 une tête de U47 était également fournit.

La tête d’un U47 et ses directivités sont parfaitement fonctionnelles sur un corps de U48. Le schéma est juste légèrement différent : Au niveau de la connexion, le U47 utilise 2 pins qui rentrent parfaitement dans un corps 3 pins du U48. Le pin en plus correspond à la directivité bidirectionnelle.

1960 – U47a

A partir de 1960, Neumann remplace les capsules M7 par des capsules K47. Selon Neumann, les K47 sont censées être supérieures, plus consistantes et plus stables. On ne retrouve pas la nomenclature « U47a » sur la plaque de numéros de série  Il s’agit plus d’une référence catalogue. Il existe également des U47 pré-1960 dont les capsules M7 ont été remplacées par des K47 lors d’une réparation par exemple.

La capsule K47

Toutes les bonnes choses sont appelées à évoluer : on utilise de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, moins chers, plus simples à fabriquer. Avec le temps on fait des concessions à la qualité pour l’économie et la praticité de fabrication. Cela s’applique dans toutes les industries et chez tous les fabricants de micros. Neumann n’en est pas exempt.

En 1960, après 33 ans de loyaux services, Neumann remplace la légendaire M7 par la nouvelle K47. L’architecture générale de la capsule est conservée avec une contreplaque centrale (Backplate) en une seule partie sur laquelle sont fixées de chaque côtés les membranes. L’agencement des ports acoustiques est également identique. On observe néanmoins 2 changements : 

  • Le système de fixation de la membrane : Sur les M7 la membrane est collée dans une rainure. Le procédé de fabrication est très difficile et délicat à effectuer. Pour chaque face : si vous ratiez la deuxième, vous pouviez tout jeter et recommencer ! Un procédé coûteux, délicat et donc peu rentable. Pour la K47 la membrane est fixée grâce à une armature vissée, ce qui simplifie grandement la fabrication et l’entretien. Les vis servent à maintenir la membrane et ne permettent pas, contrairement à ce que certains pourraient penser, à « accorder » la membrane comme sur une caisse claire. Vous pouvez donc distinguer une K47 d’une M7 en un coup d’œil : la K47 a une armature avec des vis et pas la M7.
  • La matière de la membrane : Sur la M7, la membrane est en PVC. Sur la K47, elle est en Mylar.  Il y a deux raisons à ce changement : Premièrement, technique : les membranes en PVC sont beaucoup plus difficiles à fabriquer (on parle de matière de quelques microns d’épaisseur). Deuxièmement, la durabilité : les membranes en PVC vieillissent plus vite (elles sèchent) : moins de haut, moins de bas et moins de sensibilité. On ne s’en rend pas forcément compte car le PVC sèche sur le long terme. Lors d’un remplacement de la membrane (re-skin) cela peut entraîner un changement de caractère : le son peut changer radicalement et paraître trop brillant.

La différence de sonorité entre les deux capsules est notable. Chacun a son avis, mais je ferai confiance à Klaus Heyne, un des techniciens de référence, spécialiste des micros Neumann :

« the K47, not the M7, is the mellower, bassier, and fuller sounding of the two. The M7’s brilliance in the upper mids and highs is as magical a combination with the VF14 tube and BV8 transformer as is the K47’s low-mid robustness in translating male voices. »

Klaus Heyne

Au studio de Meudon, il y a un U47 équipé d’une K47 et le son est d’une chaleur et d’une rondeur exceptionnelle. Un micro très intime, presque émotionnel.

C’est quoi une K47/49?

La capsule K47 est parfois désignée comme K47/49 ou K49. Voyez-vous, les capsules Neumann sont constituées de 2 capsules dos à dos, cela permet notamment différentes directivités et pour fonctionner correctement les 2 capsules doivent être « parfaites ».

« accorder les deux diaphragmes de manière identique étaient difficile à cause des interférences causées par la deuxième membrane. Le moindre décalage entre la face avant et arrière crée une pattern de directivité déséquilibrée en omnidirectionnel et bidirectionnel ». 

Il était particulièrement difficile d’atteindre ce degré de perfection lors de la fabrication et Neumann créa la nomenclature K49 pour identifier les meilleures capsules et les destiner aux micros qui en avaient le plus besoin : ceux proposant plus de directivité comme le M49 contrairement au U47 fet qui ne proposait que la directivité cardioïde était donc moins nécessiteux.

Neumann a depuis abandonné cette nomenclature car ils ne pouvaient produire des K47 au niveau de qualité requis à chaque fois. Cependant le catalogue Neumann parle parfois de capsule K49 ou de K47/49.

Pour vous dire à quel point il est encore difficile de nos jours de fabriquer une K47 parfaite, Thiersh qui est la référence de fabrication et réparation de capsule Neumann indique sur ses K47 quelle est la face avant et quelle est la face arrière ! (car elles ne sont pas identiques et que l’une sonne mieux que l’autre)

Il existe encore des fabricants de M7 mais elles sont beaucoup plus chères que les K47. On notera par exemple Microtech Gefell et Thiersh.

Donc M7, K47 ou K49 : ni mieux, ni moins bien : à essayer, à comparer. Si vous achetez un U47 vintage, une copie ou un clone de U47 renseignez-vous pour savoir s’il s’agit d’une M7 ou d’une K47.

1962 – U47n

En 1954, Telefunken arrête la production de la VF14 (on en parle plus loin). Neumann chercha donc une alternative pour pouvoir garder leurs micros de légende en production. En effet, certaines stations de radios refusaient de leur acheter de nouveaux micros tant que Neumann ne pouvaient leur proposer une alternative (avoir un micro extrêmement cher sans lampes de remplacement est un problème que nous avons encore aujourd’hui).

Neumann se tourna vers la lampe Nuvistor 13CW4.

Exemple de kit nécessaire pour utiliser une lampe Nuvistor dans un U47

La lampe n’était pas du même format, il était nécessaire de renvoyer le micro chez Neumann ou de faire venir un technicien Neumann pour modifier le micro. La sonorité était complètement différente et bien moins appréciée. Ce fut un échec !

Modification “maison”

Si vous avez entre les mains un U47 équipé d’une lampe Nuvistor sachez qu’Il est possible pour un technicien spécialisé de modifier le micro pour qu’ils puissent de nouveau accueillir une VF14.

Sur l’album éponyme de Tracy Chapman de 1988 vendu à plus de 20 millions d’exemplaires l’ingénieur du son Kevin Smith a utilisé pour le chant un U47 équipé d’une lampe Nuvistor. Comme quoi, la lampe ne fait pas le succès! (Même si il a trouvé le son un peu « Harsh » et « Dull »)

U47n / U47

Modèles rare et unique

Il existe une version du U47P nommé UV701 équipé d’une lampe AC701 (comme le M49, on en parle plus tard) et uniquement équipé d’un embout torpedo “VST” pouvant étre équipé d’une capsule M5 ou M48a. Je n’ai aucune autres d’informations sur ce micro extrêmement rare !

Utilisez par « CCC film Berlin ». Aucune autre information sur ce micro et qui l’a modifié. http://www.drefahlaudio.com

Le MM2 est la version micro de mesure du U47 (Measurement Mikrophone), aucune information ou photo en ligne si ce n’est le catalogue Neumann d’époque. On a donc un corps de U47 avec une longue tige et une capsule omni de 15mm. La sortie est de 6000 ohms.

1954 – Le « MGM Church »

Il ne s’agit pas d’un micro Neumann à proprement parlé mais de la toute première copie d’un U47 et j’ai donc trouvé intéressant d’en parler ici.

En 1954, des ingénieurs des studios MGM dont un certain Stanley Church fabriquèrent des copies d’un U47 Telefunken qu’ils avaient en leur possession et ce pour 3 raisons :

  • Remédier aux problèmes des pièces de rechange (en 1954 l’Allemagne est loin de Los Angeles !)
  • Faire un micro plus adapté au voix off de cinéma.
  • Avoir un micro de plus petite taille pour le cacher plus facilement sur les plateaux de cinéma.

Il est équipé d’une vraie M7 et d’une lampe « GE 6072 ». Quand Neumann reçut une commande pour 200 capsules M7 de la MGM ils menèrent l’enquête et finir par arrêter de vendre des capsules à l’unité !

C’est un micro extrêmement rare mais il en existe quelques-uns en circulation et disponible à la location. David Pearlman propose une copie de ce micro.

A écouter ici : www.youtube.com/watch?v=isyufqj48Jg

Les infos à retenir sur les différents modèles de U47 :

3 particularités qui ne change rien :

  • En 1956, Neumann modifie l’agencement des pièces dans le micro. Cela leur a permis de réduire la taille du micro de 40mm de hauteur et 3mm de circonférence. On fait donc la différenciation entre les long body (pre-56) et les short body (post-56) mais cela ne change apriori rien au son (voir au dessus l’avis de Pierre).
  • La grille était disponible en chrome pour le studio (bling bling) ou mat pour le cinéma et la télévision (afin d’éviter les reflets des projecteurs) avec également aucune influence sur le son. Surtout qu’avec 70 ans dans les pattes ils sont maintenant tous mats.
  • Distribué en Amérique du nord sous le nom U-47M par la marque Telefunken jusqu’en 1958, les U47 et U48 Telefunken vintage et Neumann sont en tout point identiques : le logo était apposé en toute fin de chaîne de montage juste avant d’être emballé et expédié.

The first U47s (sold in the US) were branded and distributed by Telefunken. These ‘Tellys’ were 200 ohm microphones—fine for Europe, but too hot for mixing boards in the USA that were accustomed to RCA 150 ohm impedance. Later Neumann took over distribution and made a 150 ohm version that was perfectly compatible with the equipment in U.S. recording studios

Link

4 particularités qui changent quelques choses :

  • Le U48 propose la directivité bidirectionnelle et non omnidirectionnelle en plus de cardioïde. Le son est très légèrement différent à cause du voltage de la capsule.
  • Le U47a a une capsule K47 en remplacement de la M7.
  • Le U47N a une Nuvistor 13CW4 en remplacement de Telefunken VF 14.
  • Les U47 destiné au Broadcast ont un agencement différent du transformateur et un couple bas à 120Hz.

Pour conclure :

De 1947 à 1965 il y a eu environ 6800 U47 de fabriqué : 300 avec le “large badge”, à peu près 2950 “long body”, 2750 “short body” et 800 U48.

Utilisé principalement pour les voix : tous les noms vus au début de l’article mais aussi : Steven Tyler (Aerosmith), Jim Morrison (The Doors) sur Strange Days, Dave Grohl (Foo Fighters) sur One By One, Rob Hanford (Judas Priest), Mick Jagger (The Rolling Stones) sur Start Me Up, Sheryl Crow (sur All I Wanna Do), on peu retrouver le U47 en overhead mono de batterie (Eric Valentine aime en mettre un au dessus de la tige de kick près de la snare), sur des contrebasses, devant une guitare acoustique, dans un piano, au dessus des violons (The Beatles, Eleanor Rigby par exemple), face à des amplis guitare et orgue pour les Doors (Strange Days) ou pour une trompette (Ibrahim Maalouf utilise un U47 Flea pour ses solos).

Peter Claes m’a raconté une anecdote : il a travaillé avec des musiciens du célèbre studio/label “Stax Records” de Memphis. Ils lui ont raconté qu’à une époque, ils ne travaillaient qu’avec trois U47 et enregistraient tout, uniquement avec ces micros…

Le U47 fut le premier micro utilisé en 1951 par le célébre label de disque de classique “Living presence” de Mercury pour l’enregistrement en mono de Moussorgsky’s Pictures at an Exhibition. En 1955 le premier enregistrements en stereo est réalisé avec un couple de U47 et un Schoeps M201 au centre pour “Dorati conducts Bartok”.

Antal Dorati et le U47

“The microphone’s high sensitivity and wide frequency response impressed Bob Fine, who saw in it a means to implement his vision of how orchestral recordings should be made. For “Picture Of an Exhibition” Bob Fine decided to use a single microphone, he suspended a U-47 microphone approximately 25 feet directly above the podium, its position having been determined at rehearsals. Once a level check of the loudest part of the score had been taken, there was no tampering with the dynamic range of the performance, no spotlighting of individual instruments and no compression. The performance was recorded just as the conductor conceived and directed it.”

Link
La playlist

On peut trouver des U47 vintage aux alentours de 15000 euros. Il existe de nombreuses alternatives pour toutes les bourses. Certains sont des tentatives de clones et d’autres des réinterprétations : Warm audio WA-47 (900 euros), Golden Age G1-47 (1500 euros), Stal SA-47 (1500 euros), L’atelier du Microphone Clone U47 (3100 euros), Wunder Audio CM-7, FLEA 47 (3700 euros), Vox-o-Rama Type 47 (5500 euros), Telefunken (11000 euros)…

De nos jours, chaque ingénieur a ses préférences : Al Shmitt appréciait tout particulièrement le très clean Brauner VM1 (5000 euros) et le « church » (copie du U47 MGM de Stanley Church) de David Pearlman (3000 euros). Vance Powell utilise le Peluso 22 47 LE (2000 euros). Il existe aussi des kits DIY.

La quête de l’U47 ultime est impossible. En vérité, il n’existe pas deux U47 qui sonnent de la même façon. Il y a également eu des changements dans le type d’isolation des câbles, dans la qualité du cuivre utilisé et divers changements mineurs (sans parler du vieillissement des composants) qui font que chaque micro a son identité et sa personnalité propre.

Leur avis :

« A staple, and surely a great microphone, but without the special character that lots of other Neumann mics have. »

Hans Martin Buff (Prince, Scorpions, etc)

« Micro magique ! Il fonctionne divinement sur tout. Il a une présence surréaliste. Plus on l’éloigne de la source, plus il apporte cette présence. Au niveau du timbre, c’est le micro qui a signé nombre de disque qu’il a rendu presque parfait directement. Par rapport aux nombreuses copies d’excellente qualité, il a un grave large et plus dynamique. Une référence ! Voix, cuivres, guitares, cordes… tout ! »

Julien Basseres (Studio de Meudon)

« Micro que j’affectionne sur les voix timbrées masculines. Son point d’appui (sa fréquence d’accord optimum) est situé très bas dans le spectre et il ne marche pas forcément très bien avec des voix plus hautes ou féminines où je lui préfèrerais presque systématiquement certains U67 ou C12 (originaux) ou ELAM 251. Il ne faut pas hésiter à se servir de son effet de proximité qui est très ajustable (position, axe et distance) en l’utilisant dans son pattern cardioïde. Ce micro est extrêmement sensible à la nature du préampli qu’on choisit de lui associer. Le must restant pour moi un Neve 1073/1081 ou 1084 en pleine forme ou un très bon clone de type BAE série 10 (pas format 500!!!) de la bonne époque. Attention à certaines versions “Nuvistor” qui circulent et sont infiniment plus dures que la version VF14. Mon modèle préféré étant sans doute le long body M7 fabriqué durant les premières années »

Pierre Jacquot

“The Wondeful sensitivity of the U47 greatly enhanced the detail of the recording. His aggresive sound makes it an excellent choice for a lot of rock music application-Drums, guitars, amps and brass instruments shine when sitting behind a U47. I bought one new in 1956 in Minneapolis. I use it U47 on many of my projects-it was one of Michael Jackson’s favorite vocal mics.”

“One of my favorite rcordings is from early in my career working with Joe Williams singing with the Count Basie orchestra on “Just The blues”. I used my U47 on Joe for those recordings and they still sound incredible to this day.”

“I also have a pair of Telefunken U47, they sound absolutly fantastic! For certain vocalists there is no other mic that will eliver the goods like the vintage U47s will. Mine are the original “long body”, “chrome-gill” version, wich I think is the best that was made for many applications in vocal recording. The length of the mic case and the finish of the top grill have a definite effect on the way the mic colors the sound.”

“This old mic has a slighty peak in its frequency response at 7000hz, which gives it a natural-sounding presence. It also has a slighty peak in the low end around 100Hz, which gives it a warm, rich sound.”

Bruce Swedien – The Bruce Swedien Recording Method

“OK, I’m Giving it up now: my magic combinaison for capturing exciting and dynamic vocal performances. First I’ll use a Telefunken U47, patched directly into a neve 1073, then a UA175b or a Sta-Level then a Urei 1176LN. Then a light EQ. This is the basic technique I usedf for singers from Billy Corgan to Johnny Cash to Serj Tankian.”

Sylvia Massy – Recording Unhinged

Telefunken et la fameuse VF14

Tele-fun-ken ? Telefunken Gmbh !

Telefunken une entreprise allemande fondée, entre autres, par le Kaiser Guillaume II et Siemens (entreprise de télégraphe fondée en 1847) en 1903 pour s’occuper du développement et de la fabrication de toutes ces nouvelles inventions technologiques : téléphone, radio, électricité,…

Dans les studios on connaît principalement Telefunken pour le Elam 251 (leur version du C12 d’AKG), les préamp V76 et le fait que les U47 et les KM vendues aux USA jusqu’en 1958 sont des Telefunken.

Jusqu’en 1939 Telefunken n’est qu’un distributeur qui vend les produits qu’il ne fabrique pas mais estampillés de sa marque. Entre 1945 et 1960 Telefunken se lance dans la fabrication et développe de nombreuses lampes destinées à tous types d’électroménagers, radios et micros.

Depuis les années 20 et jusqu’en 1958 Telefunken est le distributeur à l’international des micros Neumann.

Durant les années 60 Telefunken fusionne avec AEG et devient AEG-Telefunken et face à la concurrence japonaise arrête de produire du matériel audio dans les années 70.

L’entreprise développera des caméras pour la télé, des téléphones, des “super-ordinateurs”, des micro-ondes et bien plus encore. En 1980 Telefunken est racheté par Thomson-Brandt.

Telefunken Gmbh est désormais une holding. https://telefunken.com/


Telefunken elektroakustik?

En 2000, Toni Fishman crée Telefunken USA et propose des pièces détachées pour ELAM251. Ils se rendent compte que le nom Telefunken n’est pas déposé en Amérique et en acquièrent les droits.

Il commencent à produire des ELAM 251 en 2002 et en 2008 Telefunken Gmbh les contactent pour faire d’eux leur branche « audio pro officiel » et c’est à ce moment qu’ils deviennent « Telefunken elektroakustik ». 

Désormais, ils ont les droits pour vendre leurs micros dans une trentaine de pays. Ils proposent des rééditions de U47, U48, ELAM251 ainsi que leurs propres lignes de micros dont des dynamiques, ainsi que des DI, casques…  https://www.telefunken-elektroakustik.com/

Apparemment, « Telefunken elektroakustik » doit payer à « Telefunken Gmbh » le droit d’utiliser le nom. Je ne sais pas si cela est au pourcentage des ventes ou au forfait. De plus, ils doivent faire valider par les allemands toutes nouvelles créations.

Les copies de micros légendaires sont « reverse engineering » : ils ont développé ces micros en démontant des modèles “vintages” et en copiant les spécificités techniques et électriques. Il n’y a donc a priori pas de filiation directe avec le savoir faire Neumann et donc aucune légitimité supérieur comparé aux autres fabricants de copies de U47.

Telefunken propose de très bons micros mais il est difficile de juger du rapport qualité/prix objectivement. Les prix sont très élevés et mis à part les copies de références légendaires, ces micros n’ont de Telefunken que le nom et portent donc un nom, gage de qualité sans filiation avec l’héritage et l’expérience que l’on pourrait s’attendre d’une marque centenaire.

Les lignes de micros les moins chères sont fabriquées chez ALCTRON, une entreprise chinoise qui fabrique des micros pour diverses marques (Oktava, T-Bone…) avec parfois des pièces “bon marché”, ou en tous cas pas d’une qualité suffisante comparé au prix de vente.

Les gammes les plus prestigieuses (Diamant) sont fabriquées aux USA mais on a l’impression que parfois, Telefunken se permet de facturer plus cher ces micros grâce à la marque ; ce qui d’un point de vue marketing est plus rentable.

Telefunken organise des sessions live enregistré uniquement avec des micros Telefunken et met à dispositions les multitracks en téléchargement gratuit.
https://www.telefunken-elektroakustik.com/multitracks


La VF14: Une lampe unique mais loin d’être parfaite !

La célébre VF14 a été développée en 1945 et apparaît pour la première fois dans le catalogue de Telefunken en 1946. Elle a été fabriquée à la demande de Neumann pour répondre à la commande de la radio allemande d’un micro pouvant fonctionner sur différents types de voltage (comme vu précédemment).

L’objectif était donc de produire une lampe qui fonctionnerait avec 2 lignes plus la terre. Par exemple la lampe EF12 est plus « performante » mais a besoin d’une ligne d’alimentation supplémentaire pour le « heater » de la lampe (dixit Andreas grosser).

La VF14, une lampe donc imparfaite mais nécessaire. Neumann a conçu le U47 et sa sonorité autour de la VF14. Une lampe et un micro qui n’auraient jamais vu le jour sans les conséquences de la guerre…

Pour éviter des frais supplémentaires Neumann parvient à un accord avec Telefunken : tous les U47 vendus en dehors d’Allemagne (ou uniquement aux USA ; je ne suis pas sûr) seront des U47 Telefunken avec le badge emblématique.

En échange, Neumann aura un accès prioritaire aux lampes VF14 pour les tester minutieusement et choisir celles qui sont digne d’être utilisées dans un U47 (Par exemple pour une commande de 2000 lampes, Neumann vérifiera autant de lampes que nécessaire jusqu’à en avoir 2000 qui correspondent aux critères).

Pour les tester, Neumann avait créé une installation qui simulait l’électronique d’un U47.

Exemple de machine pour tester des lampes (Neumann avait leur propres modèles)

La fin

Selon Neumann, toutes les lampes ne pouvaient fournir la qualité et le rendement nécessaire pour faire fonctionner à son plus haut potentiel un U47 : Les experts s’accordent pour dire que les exigences de Neumann étaient bien au-delà du cahier des charges de Telefunken.

Des 27 548 tubes manufacturés par Telefunken de 1946 à 1958, à peu près un tiers ont réussi les très rigoureux tests Neumann et ont eu l’honneur d’avoir un « M » (pour « mikrofon) blanc tamponné sur le coté. En général le taux de rejet des lampes est de 20%, pour la VF14 il est de 70% !

La fabrication de ces lampes était très coûteuse et de moins en moins rentable pour Telefunken : beaucoup de lampes ne passaient pas le test. Pour essayer d’écouler le surplus, Telefunken produit en 1948 un poste de radio utilisant deux VF14. 

Sinon, la VF14 était présente dans le catalogue Telefunken et disponible pour les boutiques d’électronique, les petits fabricants d’électroménager ou tout simplement pour commander une lampe de rechange pour votre micro. Il s’agissait de la lampe la plus chère du catalogue.

Le Scandale !

Stephane Peus, l’actuel directeur développement de Neumann raconte que face au nombre grandissant de tubes n’atteignant pas les critères requis, Neumann commença à marquer discrètement les tubes qui étaient refusés. Ils se rendirent compte que Telefunken leur renvoyait des lampes déjà testées, espérant probablement que « sur un malentendu » elles finissent par passer le test. Ce qui s’en suit scella le destin de la VF14 : l’accord est rompu et Telefunken arrête de produire la VF14 et de vendre des U47. Le mot officiel est que la production s’arrêta en mars 1954 à cause d’un prix de fabrication trop élevé.

Neumann fit une dernière commande de VF14 et quand les stocks finirent par s’épuiser vers 1962 la production de l’U47 s’arrêta définitivement. Cette fenêtre donna suffisamment de temps à Neumann pour développer le nouveau fleuron de microphones large membrane : le U67.

L’aprés VF14

En 1962 Neumann tenta de sauver les meubles en remplaçant la VF14 par la lampe Telefunken 13CW4 Nuvistor (ou AR47) car les radios allemandes refusaient de racheter de nouveaux micros si Neumann ne trouvait pas de solution pour les micros qu’ils possédaient déjà. Cela nécessitait une modification interne et changeait complètement le son du micro, en moins bien, évidemment. L’idée fut rapidement abandonnée et par la même occasion le U47.

Suite à cette mésaventure, Telefunken cherchant à remplacer le U47 à son catalogue, commandera à l’autrichien AKG des versions Telefunken de ses micros à condensateur large membrane C12, à lampe AC701K qui seront nommés ELA M251.

The rest is history.

Et maintenant ?

Les VF14 étaient assurés de fonctionner à leur meilleur rendement pour 5000 heures soit 12 heures par jour pendant 400 jours… Néanmoins ce sont des chiffres très très bas et normalement une lampe ne subit aucun dégâts sur une durée aussi courte. Pour preuve de nombreuses VF14 sont encore en fonctionnement aujourd’hui.

Klaus Heyne raconte sur un forum qu’il a travaillé sur deux U47 qui sont restés allumés sans interruption pendant 10 ans dans deux studios distincts. Les lampes n’ont subi aucun effet négatif si ce n’est la mousse qui séchée à autour. La raison la plus probable est que le U47 souschauffe la lampe et qu’en conséquence le filament est peu sollicité et donc préservé. Même en restant allumé pendant des années.

Durant l’âge d’or des studios d’enregistrement, les techniciens de maintenances prenaient grands soins des micros et changeaient parfois les lampes en prévention avant même qu’une panne se produise : aux studios Capitol à Los Angeles : à une époque -indéterminée par le conteur- les lampes des micros Schoeps étaient changées tous les ans. Même si le micro ne présentait aucun signes de fatigue.

Il est fort envisageable qu’à la fin des années 70, Telefunken avait écoulé son stock de VF14. On peut également considérer que toutes les VF14M encore en fonction aujourd’hui ont dépassées depuis longtemps leur durée de vie efficiente et ne fournissent pas forcément le meilleur d’elle-même.

Chaque spécialiste a son avis : Oliver Archut (Grand spécialiste Neumann nous ayant quitté prématurément) nous dit que toutes les VF14 qu’il a testé dans des micros ou dans des boîtes sont loin d’atteindre les critères de qualité (notamment en terme de dynamique) fixés par Neumann à l’époque.

Il avance également qu’une des raisons principale du rejet des VF14 est « positive or negative grid currents, aside the given noise and microphonic figures. Either grid current that will offset the bias in an high impedance environment ». Par contre, il prévient que le M n’est pas une assurance d’une lampe qui marchera parfaitement dans un micro. 

Klaus Heyne lui dit que le l’exigence de Neumann était tellement élevée que même une VF14 sans M fera toujours l’affaire et qu’il n’y a rien de mieux, mais qu’en moyenne les VF14 de bonne qualité qu’il a trouvé étaient plus souvent des M.

Andreas Grosser rapporte lui, que peu importe la lampe, ce qui compte c’est le réglage de Bias. 

Comment remplacer une VF14M?

Le challenge des propriétaires d’U47 est donc de trouver une remplaçante à cette fameuse VF14 une fois qu’elle est en panne.

Trouver une VF14 vintage ?

Pour faire simple, si vous trouvez une VF14 de nos jours, il est certain, à 100%, qu’elle a vu l’intérieur des ateliers de Neumann et qu’elle ait été rejetée car elle n’atteignait pas les critères de qualités de Neumann : bruit, pas linéaire, perte dans le bas ou problèmes de microphonie.

Avec de la chance, elle sera restée au chaud dans sa boîte sur l’étagère d’un vieux réparateur de radio en Bavière ou elle aura passé les 50 dernières années dans une grosse radio en bois dans le grenier d’un retraité allemand ou chez un antiquaire.

Si vous trouvez une VF14M, soit le M est un faux, soit il s’agit d’une lampe que l’on a retiré consciemment d’un U47.

Nous pouvons imaginer que dans les années 70 et 80, les ingénieurs se sont rabattus sur des lampes déjà rejetées par Neumann.

Toutes ces “spares” ont disparu depuis bien longtemps. 1958 c’était il y a 63 ans !

Plusieurs générations d’ingénieurs sont déjà passées par là. Plus aucune VF14M originale ne sera jamais trouvée ! Il n’existe pas de NOS (New Old Stock appellation pour dénommer les lampes ou composants électroniques vintages mais neufs et jamais utilisés) de VF14M ! Ne vous faites pas avoir !

Andreas Grosser assure qu’il peut revitaliser jusqu’à 80% des VF14 qui craquent, par contre s’il y a de la distorsion à faible niveau ou des problèmes de microphonie, c’est foutu !

Sur Ebay on peut trouver de vielles annonces des années 2000 ou des VF14 sont vendues 5000 euros !! A l’heure où j’écris ces lignes, il y a sur Ebay une VF14 d’occasion sans autre précision en vente pour 3000 euros…

Certains propriétaires de U47 veillent précieusement sur une “spare” et certains s’en sépareront peut-être un jour mais il faut se faire une raison : il n’existe plus de vrais VF14 !

Des solutions existent !

A. Les mods pour remplacer la VF14 par une autre lampe :

La lampe choisie par Neumann pour remplacer la VF14 fut bien sûr la Nuvistor mais je n’ai pas l’impression que ce mod soit encore pratiqué. Certains « internautes » affirment qu’une Nuvistor sera toujours mieux que n’importe qu’elle autre alternative moderne. Certains ingénieurs ont été “traumatisés” par ces lampes…

1. La lampe EF14

Les spécialistes se sont tournés en premier vers les EF14. Également fabriquées par Telefunken, elles ont la même taille/forme que les VF14 (bien qu’un système de chauffage différent). Elles datent de 1939 (Les tristements célèbres missiles V2 possédaient quatre EF14 dans le système de guidage). Apparemment 10% pourraient fonctionner correctement dans un U47. 

Les résultats des tests de moxtone révèlent un comportement très proche de La VF14. Néanmoins, les EF14 chauffent beaucoup plus, au point de ne pouvoir toucher le micro (82 degrés). Ce qui a notamment une influence sur la capsule : séchage, son, etc.).

L’ingenieur du son Jean Marnay a modifié un de ses U47 avec une EF14, et selon lui « il y a certainement des légères différences mais le caractère est le même ». Vous pouvez l’écouter ici sur la voix.

Certains « témoignages » en ligne prétendent que cette lampe a « un son plus dur et agressif dans les hauts médiums avec un mid moins dynamique. »

L’interieur d’une VF14 et d’une EF14

2. La lampe EF12

Déjà présente dans le CMV3/A. Les copies de U47 de la marque FLEA utilisent des EF12 car selon eux « ce sont les mêmes tubes avec un chauffage différent. » : « Nous nous concentrons tout particulièrement sur le tube EF12 car nous considérons que son caractère sonore est le plus proche de l’original. »

Ces lampes seraient plus proches de la VF14 que la EF14 mais auraient néanmoins moins de bas qu’une VF14 originale. Andreas Grosser aurait dit : « the EF12 tube is much better than the VF14, UF 14 or EF14 tube. Lower noise and much lower microphonic. »

Les copies « Wagner », « AEG », « Voxorama” et « Goodfly » utilisent également une EF12.

Les EF12 seraient également très proches des EF86 que l’on retrouve dans les U67.

Pour le site « moxtone » la EF12 est le pire choix pour en remplacement de VF14 car elle ne peut être utilisée en sous-consommation et son niveau de gain élevé requiert un autre transformateur.

Dans les années 40, la EF12 était la « rolls » des lampes en acier pour les équipements audio allemand. Elle fut développée pour être utilisée dans les pré-amplis et micros. Une cousine très proche de la VF14 également développée pour un chauffage en courant alternatif et les signaux faibles. La principale différence avec la VF14 est qu’elle utilise un chauffage séparé de seulement 100mA ce qui produit moins de chaleur pour la capsule et lui permet de durer plus longtemps. Elle fut utilisée dans les micros CMV3A, CMV5, V30 et RFT CM5171. Beaucoup plus de EF12 furent fabriquées que de VF14 et il en existe de nombreuses disponibles mais à tester selon les critères que Neumann avait pour la VF14. “

Gunter Wagner

3. La lampe EF86

Il existe un “mod” pour mettre une EF86 (la lampe que l’on retrouve dans les célèbres U67). Mod notamment pratiqué à une époque par la marque “Blue”.

4. La lampe AC701

L’ingenieur du son Jean Marnay du studio Kadence a modifié un de ses U47 avec une AC701 (la lampe que l’on retrouve dans les M49 et les KM54 entre autres) en s’inspirant du schéma d’un M49b. Un micro unique « à mi chemin entre le U47 et le M49 ». Au vu de la rareté croissante et le prix exorbitant des AC701, cette alternative me semble dangereusement coûteuse.

On peut entendre le dit micro sur une voix ici

5. La lampe 5719

Trouvé en ligne…aucune information… cette lampe serait proche d’une EF86…

6. Quelles lampes vintage utilisé ?

Voici la liste des principales lampes essayé dans des U47 : UF14, EF14, EF12(k), EF12 spez, EF13 (bon potentiel selon Moxtone), EF42, UF42, EF80/800, EF802, EF804/6F40, EF86/806, EF91, EF94, PF86, 407A, 5840.

Petites notes de Klaus Heyne sur les alternatives à la VF14:

  1. None of the alternatives (…) will recreate the magic of a VF14 mated to the existing U47 circuit/capsule. And the reason is quite obvious: all the tube you cite are cheaper and more readily available than a VF14. That is the ONLY reason anyone has ever looked at any of these alternatives, not because they would yield superior audio, regardless how you define superior.
  2. UF 14 and EF 14, while somewhat related to the VF14 in construction and outline, have an overheating handicap which is only overcome by feeding a second voltage into the mic- a major mod. While these tubes can theoretically be biased in a similar way as the VF14 (fixed) the less noisy option-cathode biasing- will yield a substantial deviation in sound- thinned out, glassy, quite transparent, yet leaning towards body-less.
  3. 3. As soon as you exit the steel-tube world and look towards some of the high quality Telefunken designs like EF86/806/804 etc. you get into trouble with the existing transformer configuration: a bad match.

I gave up after these and similar kinds of experiments, and realized that the U47 and VF14-combination is a match made in heaven, and should be left alone. (…) I do not wish to devalue the role U47 copies, re-interpretations, etc. can play for buyers who simply are not in a position to shell out five figures for a fifty year old microphone- some of these U47-inspired mics are quite nice in their own right- but I caution anybody who is after “that” sound not to fall into the trap discussed by hobbyists and eternal U47 wannabes: there is no substitute for the VF14. Period. 

Klaus Heyne

On peut faire des clones de 47 avec pas mal de lampes, il faut passer du temps à trouver le bon point de pola et assortir les composants autour pour “équilibrer” le son, mais il faut surtout être conscient qu’on va pouvoir faire un bon clone avec une EF80 à 5 euros et un tout minable avec une EF14 en pleine forme. Pour ceux qui ont envie de s’y lancer, lire Oliver Archut (RIP Merci à lui )

A titre perso, je trouve optimiste d’acheter un “vrai U47” si on n’a pas un pédigree exceptionnel pour la lampe…parce que si c’est pour devoir finir un an ou deux plus tard avec une modif en EF12 ou pire un bidule a transistor Phaedrus, ben vallait mieux acheter un bon clone et garder la différence pour autre chose (un U67 par exemple ne pose pas du tout le même problème)

Marc Henry

B. Les nouvelles VF14

Depuis quelques années Telefunken Elektroakustik propose des « VF14K » au prix de 750$. Exorbitant quand on voit ce qu’il y a dedans ! Mais ne jugeons pas trop vite.

Selon Brian Fox de Fox Audio Research, la VF14K a +2 db de niveau de sortie et leurs mesures sont très proches des VF14 d’origine. Néanmoins il témoigne d’une très légère différence de son : une certaine « ouverture dans le son » que la VF14K ne semblait pas atteindre. De plus, il précise qu’il n’est pas dit que ce contraste s’entendrait sur un enregistrement.

Klaus Hein avance lui, que toutes celles qu’il a eu entre ses mains étaient trop bruyantes pour effectuer un vrai test, et qu’il a peu de doutes que : « même dans les meilleures circonstances, elles puissent s’approcher du timbre de la VF14 »

Il existe aussi des alternatives qui simulent le rendement et les caractéristiques de la VF14 : comme la VF14EM d’Andreas Grosser ou la «Phædrus VF14M Supertube » à 880 pound qui semblent très intéressantes !

Leur site est très bien renseigné et instructif !
http://www.saturn-sound.com

Et voilà pour ce monument du studio ! Un micro qui va encore rester longtemps sous diverses formes sur nos disques et dans nos oreilles !

On se retrouve “bientot” pour le M49 et le M50 !

SOURCES

Livres :

Neumann – The Microphone Company

Dan Alexander Audio – A Vintage Odyssey

Al Schmitt – On The Record


L’auteur : Léo Chupin « Captain chup » est ingénieur du son, réalisateur/producer et assistant aux Studios de Meudon. Il est diplômé de l’Abbey Road Institute Paris.


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