Red light

Prise de son

8 conseils pour vos séances d’enregistrement

7 avr , 2018  

J’ai déjà eu l’occasion d’en parler de temps à autre, mais l’aspect psychologique joue un rôle capital dans le bon déroulement d’une séance d’enregistrement. Une facette de notre travail est de faire en sorte que tout se déroule de manière fluide et tranquille.

Une séance d’enregistrement met toujours de la pression à un groupe. C’est toujours un moment important dans une carrière de musicien car ils savent qu’ils seront jugés d’une manière ou d’une autre. L’enjeu est toujours plus important qu’un concert, et du fait que la plupart font plus de concert que de séances d’enregistrement, il faudra être à leur écoute pour les rassurer et les guider dans le processus.

La peur de la « red light » peut paralyser n’importe quel musicien même le plus chevronné. Voilà pourquoi il est important en tant qu’ingénieur du son de faire oublier cette red light.
C’est l’un des rôles du réalisateur ou de l’ingénieur du son d’exploiter le talent naturel de l’artiste et de le capturer de la manière la plus naturelle possible.

Voici quelques conseils à appliquer pour le bon déroulement de vos séances d’enregistrement.

on air

Préparation et installation

Prenez les renseignements avant la séance sur le nombre de musiciens et d’instruments à enregistrer pour préparer votre setup et être plus efficace lors de l’installation de votre séance.

Prenez connaissance de l’expérience du groupe pour les orienter vers la méthode d’enregistrement qui leur conviennent. Un groupe avec peu d’expérience de studio aura plus de difficultés à travailler 100% live. En effet, dans la plupart des cas, le groupe sera plus inquiet d’arriver à jouer le morceau du début à la fin sans faire d’erreur, que de penser à faire “vivre” la musique. Par ailleurs, un musicien qui enregistrera seul aura tendance à être plus concentré sur son instrument et donc être plus performant.

Essayez d’être le plus efficace possible lors de l’installation des musiciens, ne perdez pas du temps et de l’énergie à faire des tests de micros ou de préamp au détriment de l’énergie du groupe. Une meilleure performance vaut mieux qu’un meilleur micro. Néanmoins prenez le temps de faire les choses correctement et pas dans la précipitation. Si vous n’avez pas le temps de tester différents micros ou placement, misez sur ce qui “marche”. Votre expérience sera votre meilleur atout. Sinon, expliquez ce que vous faites aux musiciens pour qu’ils se sentent impliqués sur l’aspect technique. Si vous êtes victime d’une panne ou autre problème vital, essayez de trouver les solutions qui ne compromettront pas le bien être des musiciens.

Fixer les objectifs

Eliminer toute tension et pression inutile. Il se peut que faute de budget et avec une énorme quantité de travail à accomplir, on peut être tenté de faire l’impasse sur certaines choses au détriment de la qualité. Ce genre de choses arrivent souvent plus à cause d’un manque de préparation plutôt qu’à un manque de temps. La préparation d’un projet est la clé de sa réussite. Prenez un moment avant chaque séance pour discuter des attentes du groupe et fixer des objectifs cohérent. Etablissez un planning en prenant comptes des imprévus qui feront toujours parti d’une séance d’enregistrement.

Mettez l’ambiance

De bonne performances ne peuvent se faire que dans des conditions idéales et surtout grâce à l’environnement dans lequel nous sommes. Préparez le studio, comme vous préparerez un rendez vous galant. Faites preuve d’imagination et créer une ambiance en fonction du style de musique que vous allez enregistrer. N’hésitez pas à proposer plusieurs ambiances lumineuses ou de décoration. Il faut que les musiciens se sentent à l’aise et comme chez eux.

La bonne balance

Une étape à ne pas négliger est la balance des casques. L’idéal est de d’avoir un système de retour personnalisable par les musiciens eux mêmes. Il y a plein d’avantages à ça : d’une part c’est pour vous une chose en moins à penser, et d’autre part, les musiciens seront moins gênés à vous demander toutes les 5 min de changer le volume des sons. N’hésitez pas à vérifier ce qu’entendent les musiciens pour les aider à avoir le maximum de confort dans les oreilles. Faire une balance n’est pas forcement quelque chose de simple, surtout si on n’est pas familiarisé avec le matériel. L’important est qu’ils soient plongés dans l’ambiance de leurs musiques.

headphone

Ne dites pas à l’artiste que vous enregistrez

J’en reviens à ma red light, si vous en avez une, ou tout appareil qui indique une lumière rouge, déconnectez-les. La meilleure façon de réduire le syndrome de la « red light » est de n’en avoir aucune. N’avez vous jamais remarqué comme un musicien joue mieux lorsque qu’il sait qu’il n’est pas enregistré ? Très souvent, les meilleures prises font parties des « tests » ou lors du calibrage des niveaux. Bref à chaque fois que la red light est éteinte. Ce qui m’amène à mon prochain conseil …

Enregistrer tout !

Lors d’une séance, il faut être prêt constament. Un musicien peut nous surprendre à tout moment, et il arrive qu’on passe à côte de très belle chose. Pour ma part, mon Protools est constamment en mode « Quick Punch » et enregistre systématiquement dès que j’appuie sur Play. Ce mode vous donne la possibilité de droper (lancer l’enregistrement) manuellement sur toutes les pistes audio qui sont activées pour l’enregistrement pendant la lecture en cliquant sur le bouton Record dans la barre de transport. L’enregistrement en Quick-Punch est non destructif. Lorsque vous utilisez Quick-Punch, Pro Tools commence à enregistrer un nouveau fichier lorsque la lecture commence, générant automatiquement des clips dans ce fichier à chaque point de Punch In / Out. Ces clips apparaissent dans la playlist de la piste et le fichier audio complet apparaît dans la liste des clips avec les clips créés. Jusqu’à 200 de ces « drops » peuvent être effectués en un seul passage.

Faites des pauses et écoutez

C’est toujours une bonne idée d’inviter les musiciens dans la régie de temps en temps. Ne les laissez pas enregistrer 30 prises sans prendre un minimum de recul. C’est le meilleur moyen pour eux de ne plus savoir où ils en sont dans leurs performances. De plus, à travers le casque, ils ont une perspective déformée de leurs performances. En général, je laisse trois ou quatre prises avant que je leur demande de me rejoindre.
La pause leur permet également de se débarrasser de leur tête ou de réfléchir à ce qui fonctionne ou non avec le mix ou la performance de leurs casques. Assurez vous qu’ils sont à l’aise lorsqu’ils enregistrent.
Certaines chansons ont plus de mal que d’autres à se mettre en forme. Plus c’est compliqué, plus vous aurez besoin de faire des pauses. Cela maintient le moral élevé et empêche les musiciens de monter en tension. Ils peuvent ne pas être d’accord, mais essayez de leur faire comprendre que c’est pour leur bien.

Restez à l’écart

En tant qu’ingénieur du son, vous faites parti intégrante du groupe ou lié d’une certaine manière avec les musiciens. Main n’oubliez pas que la musique c’est la leur et il faut parfois savoir rester à sa place et les laisser trouver les solutions eux mêmes. Il faut apprendre à comprendre et anticiper leurs souhaits et faire en sorte qu’ils n’aient rien à vous demander ! Surtout lors d’enregistrement « live » ou d’un groupe de musiciens. Il y a beaucoup de choses à penser pour eux et le plus important c’est qu’ils ne pensent qu’à leur musique.

Notre travail consiste à capturer de grandes performances de grands interprètes, ce qui est souvent réalisé en restant à l’écart, en les laissant être eux-mêmes et tout simplement faire notre travail de s’assurer que nous faisons les choses correctement.


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