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Les Micros Statique large membrane 1928-1972

1928 – Le CMV3

Le CMV3 (Condesator Mikrofon Verstärker : microphone à condensateur amplifié) appelé aussi « The Bottle » (à cause de sa forme si particulière) est un micro statique omnidirectionnel à amplification à lampe de 3kg.

Telefunken CMV3
CMV3 Telefunken Photo : analog-service.com

Ce fut le premier micro statique à être produit en grande quantité ! Ce micro est une révolution dans un monde dominé par le micro à charbon : on a jamais eu un son aussi pure, aussi propre, aussi clean !

La lampe

La lampe est une triode RE084K,

La capsule

En 1927, les premiers modèles sont munis d’une capsule CM3 omnidirectionnel développé par Eric Rickman. En 1930, elle est remplacé par la CM5 (Il existe des variantes comme la CM5a). On retrouve donc des modèles de 1928 avec des capsules CM5 (changée ou remplacée pour diverses raisons).

Les premières membranes sont fabriquées à partir d’une feuille d’or (très bon conducteur) de haute qualité imprégnée de colloidan (je vous passe les détails techniques). Par la suite, ils utilisent du PVC d’une épaisseur de quelques microns pulvérisé avec de la poudre d’or (en réalité la poudre d’or est pulvérisée sur une plaque en verre sur laquelle on applique la solution et le tout durcit, mais on va pas aller plus loin…). Ces capsules ont déjà les grandes bases de la célèbre M7. A priori, les capsules CM3 sont reconnaissable car elles sont plus épaisses avec des trous sur les cotés. La CM5 est bombé avec un grillage plus “habituel”.

Cette capsule à été développé dans l’unique but de contourner le brevet de Western Electronic de la capsule « 394 ».

D’ailleurs en 1926, AEG fabriqua sous license “Western Electronic” un micro équipé d’une capsule 394 appelé le CMV1.

Capsules par capteur de pression ?

Les capsules CM3 et CM5 sont ce qu’on appelle des “capsules par capteur de pression”.  Il s’agit  d’une membrane fixé sur un boîtier fermé : on a 2 armatures conductrice : une flexible (la membrane) et une fixe (la contreplaque, backplate en anglais). L’espace entre ces deux armatures à une valeur électrique (c’est la définition d’un condensateur).

La pression acoustique due à la source sonore (instrument, voix) fait bouger le membrane ce qui modifie la distance entre les deux armatures et change la valeur électrique du condensateur. Ainsi la pression acoustique est transformé en signal électrique

Quand on regarde une capsule on voit des petits trous. Ce sont des pores acoustiques qui servent d’évent pour compenser les variations de pression atmosphérique. Leurs emplacements et leurs tailles sont méticuleusement étudiés et propre à chaque modèle de capsule.

On voit bien sur cette M7 les pores acoustiques

La face arrière ne doit pas être atteinte par l’onde acoustique, sinon la directivité pourrait changer. Dans une telle configuration la membrane est sensible aux ondes sonores arrivant de tous les côtés. Il s’agit donc d’un microphone omnidirectionnel. Quelque soit l’incidence du son par rapport à la capsule, l’intensité sera la même. Je suppose que les premiers microphones statique étaient uniquement omnidirectionnel car c’était ce que permettait la technologie à ce moment là (et non un choix).

En théorie la réponse en fréquence est identique à 360° mais en pratique la taille de la capsule et du corps du microphone font que la réponse est étendue dans les graves mais plus on s’éloigne de la source et plus les aigus s’atténuent. Les sources hors axe sont plus terne. 

La monture

La monture sur laquelle est fixé la capsule est nommé « torpedo ».  Comme on peu le voir sur ces photos, la capsule pouvait se retirer du micro. Particularité que l’on retrouvera sur de nombreux modèles Neumann Geffell. On pouvait donc changer la capsule avec l’évolution de la technologie et la remplacer en cas d’usure ou de dégradation.

D’ailleurs même vissé à fond, il y a un petit écart entre le support “torpedo” et la capsule.

Micro Torpedo
On voit ici très nettement l’écart entre la capsule et le torpedo Photo : soniccircus.com

Il y a, à la base du microphone, un rond noir qui par un système de volet laisse apparaitre « une étoile » lorsque il est allumé.

L’alimentation

Le cmv3 comme tous les micros statique à lampes a besoin d’une alimentation externe : pour la polarisation de la capsule ainsi que pour la lampe d’amplification. Je n’ai pas trouvé de photo des alimentations d’origine. Toutes les photos que j’ai trouvé, sont des alimentations dernières générations.

Câble de Cmv3 (photo : Reverb)

Les câbles utilisés pour les micros statiques à lampe ont cinq conducteurs : deux pour le signal sonore symétrisé, un pour la lampe, un pour la capsule et un pour la masse. Les micros à lampe ont une alimentation dédiée construite par rapport à la spécificité de chaque micros (modèle de lampe, type de capsules, directivité etc). 

Un CMV3 utilisé sur le terrain pour une interview

L’auteur : Léo Chupin « Captain chup » est ingénieur du son, réalisateur/producer et assistant ingénieur du son aux Studios de Meudon. Il est diplômé de l’Abbey Road Institute Paris.

https://www.leochupin.com

https://www.instagram.com/captain_chup

https://www.facebook.com/CaptainChup


Sources :

ESPACE FORMATION

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