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Voilà une question que l’on me pose très souvent : comment devient on ingénieur du son ? C’est d’ailleurs un des objectifs de ce blog, enfin du moins essayer d’apporter quelques éléments de réponse…

Je voulais vous proposer un compte rendu des quelques réflexions que nous nous sommes faites lors de cette conférence, en regardant comme le métier a évolué et comment il fonctionne aujourd’hui

Qu’est ce qu’un ingénieur du son ?

Au début de l’enregistrement audio, lorsque l’on enregistrait en 78 tours, les studios d’enregistrement n’existait pas : on se mettait là où l’on pouvait pour capter les sons des musiques de l’époque. Ça n’est que bien plus tard, en 1931, que le premier « vrai » studio d’europe a été crée : le studio Abbey Road à Londres.

studio Abbey Road

C’était un peu le début de l’industrie du disque. La maison de disque EMI propriétaire du studio réalisait l’intégralité des projets au sein d’un seul et même endroit, de la composition à la réalisation du support final.

Avec l’arrivée de la bande magnétique, on s’est mis à chercher des endroits étudiés pour la prise de son avec des acoustiques étudiées pour.
Le matériel coutait extrêmement cher, même si il était assez « primitif ». C’était du matériel conçu pour le “broadcast” la diffusion radio, c’était souvent fait sur mesure et les séances se vendaient à prix d’or.

Comme tout ce travail coutaient très cher, tous les studios était possédés par des maisons de disque, Abbey road, appartenait à EMI, puis il y a eu Philipps, decca, Barclay, les premiers polydor etc..

Studio Davout
Davout dans les années 60. (photo : Lockout – les studios Davout)

En france, au milieu des années 60 les premiers studios « indépendant » commençant à s’implanter. Les premiers étaient Davout en 1965 qui à fermé en 2017, EUROPASONOR, Pathé Marconi, plus tard il y a eu Ferber, Guillaume Tell et Gang qui existe toujours.

A cette époque, le métier était très « standardisé », les ingénieurs du son circulaient en blouse blanche dans les studios, tout était très encadré, les procédures devaient être respectées à la lettre : vous aviez des notes de services qui vous indiquait quel matériel utiliser en fonction de vos besoins et il fallait suivre ces procédures très respectueusement sous peine de sanctions. Et c’était valable pour toutes les séances d’enregistrement.

La révolution

Dans le livre de Goeff Emerick qui était l’assistant de George Martin pour les Beatlles, il explique très bien qu’à cette époque Georges Martin à volontairement cassé ces codes pour se donner plus de liberté dans sa manière de produire le son. Cela a donné les disques des Beatles que nous connaissons tous.

Cela été une vrai révolution qui engendra une sorte de transformation du métier, les relations entre les artistes et les ingénieurs du son ont changées, avant ça, il était impensable en tant que musicien de parler avec l’ingénieur du son du studio.

A cette époque, on enregistrait sur 2 pistes « stéréo » les musiciens étaient disposés dans une grande pièce avec des micros presque en « direct ». Ensuite est arrivé des magnétophones avec plus de pistes, de 2 on passe à 4, puis 8 puis 16 et 24…

Le château d'hérouville

Par la suite, avec l’évolution des techniques d’enregistrement et des relations entres les corps de métier, plusieurs studios indépendant voient le jour. A cette époque tous les patrons de studio fabriquaient eux mêmes leur matériel. Les consoles d’enregistrement était changées tous les 2 ans et la plupart était fait maison. Dominique Blanc Francard raconte ça très bien dans son livre à son époque au château d’Hérouville.

Avec l’industrialisation du matériel, on peut trouver des consoles, des enceintes, les studios d’enregistrement évoluent : les studios indépendant se montent sous l’initiative d’une personne qui choisi son matériel en fonction de ses goûts et de ses moyens.e

L’âge d’or

L’industrie du disque est en plein essor avec les nouveaux courant musicaux du moment et les gros artistes imposent leurs choix en matière d’enregistrement. Forcément, le rôle de l’ingénieur du son dans cette industrie est capital. C’est lui qui détient le savoir et les capacités à superviser le bon déroulement d’un enregistrement. Il travaille au plus prés des producteurs, des directeurs artistiques et des artistes…

Au fil des années, on part vers quelque chose de plus en plus industrialisé et standardisé. Les moyens de diffusion et les supports changent, notamment avec l’arrivé du CD en 82 par Philips. Dans les années 80 / 90 c’est la course à l’armement, les studios se battent pour avoir les plus grosses consoles et le plus de matériel possible.

On trouvait facilement des studios avec des consoles de plus de 4 mètres de long avec des enregistreurs analogique et numérique de 24 et 48 pistes avec des acoustiques très standardisés aussi, réalisée par des spécialistes du monde entier. Au final tous les studios finissent par se ressembler et c’est là que les ingénieurs du son pouvaient se démarquer avec leur « marque de fabrique »

Durant toute cette période, lorsque l’on souhaitait entrer dans le métier, avec ou sans formation il fallait franchir plusieurs étapes, gravir les échelons avant de pouvoir prendre les commandes d’un projet.
Devenir ingénieur du son était un long processus et les choses ne pouvait se faire que dans un seul ordre, encore à cette époque tout se passait dans les studios, c’est là que les disques se réalisait et là où tous les métiers du disque se confrontait. C’était un lieu de rencontre et d’échanges.

1ere étape : le stage

Au départ, nous étions de simple stagiaire ou comme on nous appelais le « tea boy ». Il fallait une motivation extrême et être prêt à se dévouer totalement à son environnement. Les studios tournaient 24/24 et il fallait être prêt à répondre à la moindre exigence à tout moment.

Notre salaire : apprendre les ficelles, et quelques astuces que les ingénieurs du son les plus sympa voulait bien nous donner. Mais sans le savoir vraiment, nous apprenions jour après jour notre métier.  Car on apprend on observant, observer c’est évaluer sa propre exécution.

La formation proprement dite, fut longtemps « sur le tas » en tant que stagiaire on apprenait la vie d’un studio, on en apprenait tous les mécanismes et les moindres petites subtilités de fonctionnement. On se nourrissait du savoir des ingénieurs et des autres, on nous formait au fonctionnement du matériel et à comment vérifier leur bon état de marche, mais aussi à ce que le studio soit prêt à accueillir les prochaines séances. Le travail ne manquait pas….

Les technologies évoluant constamment, il arrive une ère fin des années 80 environ où les studios sont désormais presque tous les mêmes car l’industrie fabrique le matériel en fonction de leur besoin. Arrive la grande époque des consoles SSL et du total recall, une tâche presque inventé pour les assistants…

Sans vraiment s’en rendre compte, on gravie les échelons, on est assis dans le studio prêt à répondre à un appel, et là l’ingénieur du son nous demande si je sais comment faire tel ou telle chose. Ayant passer les dernières nuits à le faire, je réponds en toute confiance : oui et d’un seul coup me voilà assistant son.

2e étape : assistant

La 2e phase de l’apprentissage commence car là nous sommes au plus prés de la source du savoir, en devenant le bras droit de grand technicien, on apprend encore plus vite, mais en même temps cela peut créer une sorte de confusion car aucune séance ne se ressemble. Il n’y a pas deux approches identiques mais des dizaines. Mais notre soif de savoir, nous donne réflexion :

  • Quels sont les connaissances qui ne sont pas encore acquises ?
  • Quels sont les secrets du monde professionnel ?
  • Quand serons nous prêt à réaliser notre premier disque ?

C’est une formation permanente, l’avenir de mes acquis. Ce qu’on me demande de faire : accueillir un client.

  • Est-ce que la pêche aux infos a été bonne ?
  • ‘Ma’ séance démarre, suis-je prêt ?
  • Mais au fait qui est mon Client ?

Accueillir un Ingénieur :

  • La console est remise à zéro ?
  • Est ce que mon disque de travail a été testé ?
  • Y a t-il un disque de sauvegarde ?
  • Le format du projet ?
  • Mes feuilles de Recall sont elles prêtes ?
  • As t-il des questions auxquels je puisse répondre ? 

L’assistant est donc le lien entre le studio et son client. Toutes ces notions sont les chapitres à approfondir au cours de sa carrière. Elles constituent le prélude de la curiosité animé quotidienne. Le partage de ses connaissances ou autres situations de vécus constitue la première transmission de notre métier : les trucs et astuces.

Qu’est qu’on apprend ?

  • Acoustique fondamentale
  • Electronique pratique
  • Informatique musicale
  • L’Equipement du studio
  • Technique d’enregistrement et de mixage
  • Culture musicale

Maîtriser :

  • Son espace technique
  • Les équipements exploités
  • Son sang froid

Exprimer :

  • Le fait que l’on se sait pas
  • Le fait que c’est une opération risqué
  • Le fait qu’il y ait une procédure

Se former :

  • Lire les documentations
  • Susciter sa propre curiosité
  • Poser la bonne question au bon moment

A cette époque, les maisons de disques finançaient les séances, les studios se portaient bien, l’industrie était rentable. L’ère numérique arrive très vite, le CD était déjà en place, mais un nouveau format « révolutionnaire » voit le jour : le MP3 presque en même temps qu’internet. Ce format numérique, petit qui prend pas de place, et qui remplace nos CD.

Le téléchargement illégal contamine petit à petit l’industrie, les disques ne se vendent plus, les maisons de disques ne financent plus les productions, les studios se vident et certains ferment. La fin des studios tel que nous les connaissons ou plutôt leur modèle est désormais fini.

Une nouvelle ère

Avec le numérique et les nouvelles technologies toujours plus performantes et innovante, un nouveau modèle de studio arrive. Les ingénieurs du son expérimentés qui eux mêmes en ont formés d’autres commencent à voler de leur propres ailes. Nous revenons quelque part à la philosophie des années 60 où un ingénieur du son créait son propre studio.

Yves Chamberland pour les studios Davout ou René Ameline avec les studios Ferber par exemple. Ces studios reflètent la personnalité de son propriétaire, on y va pour la personne, pour son style, son expérience, sa particularité…

Ces endroits attirent aussi de nouveaux clients comme les artistes indépendants qui n’ont pas forcement de contrat. A côté de ça, les technologies d’aujourd’hui nous permette avec un simple ordinateur de réaliser des enregistrements digne des professionnels et donne la parole à tout un tas d’artistes mais aussi de technicien qui peuvent parfois manqué d’expériences.

Au fil du temps, cette évolution donne naissance à d’autres métiers, qui amène beaucoup de confusion sur le métier d’ingénieur du son et surtout sur la formation. Internet, youtube, le elearning…

Ce qui est sûr, c’est que notre métier a beaucoup évolué, on trouve tellement d’informations divers et variées aujourd’hui alors que tout était si mystérieux à une époque. Je ne peux que vous encourager à multiplier les rencontres auprès des acteurs de ce métier pour mieux le comprendre et mieux l’appréhender si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure….

Petit clin d’oeil à Pierre Attyasse que je remercie pour m’avoir autorisé à utiliser son “recueil” pour écrire cet article.

ESPACE FORMATION

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