Qu’est ce que la réverbération ?

Qui n’est jamais rentré dans une pièce, un studio, ou un environnement particulier, sans taper dans ses mains pour entendre la réverbération du lieu en question ?

Quand un son se propage dans une pièce, nous entendons à la fois le son direct, mais aussi le son réfléchi, qui est composé des réflexions du son direct provenant de toutes les surfaces de la pièce. C’est ce que nous appelons la réverbération. C’est pourquoi lorsque que vous réalisez n’importe quel type de prise de son, l’environnement acoustique dans lequel vous êtes, jouera un rôle déterminant.

Reverb : tout savoir sur la réverbération

Le son de la pièce, ce son de réverbération, est composé d’innombrables réflexions individuelles créées par l’architecture de la pièce. Ces réflexions arrivent à nos oreilles avec un léger retard (variable selon la taille de la pièce) par rapport au son direct, mais elles fusionnent pour produire un seul son. En règle général, lorsque plusieurs sons de même niveau se produisent avec un retard d’environ 20 millisecondes l’un de l’autre, nous ne pouvons pas vraiment les dissocier, nous entendons plutôt le tout comme un seul et même son. Il faudra que cette valeur atteignent environ 50 voir 100ms pour que nous entendions les réflexions comme un son distinct par rapport au son direct. Ici on parle plus de l’ordre du delay que de la réverbération.

Les réflexions qui constitue la réverbération, se multiplie pendant une période donnée avec des temps de retard différent les uns des autres par rapport au son direct, créant un son unique avec une nouvelle qualité sonore basée sur l’interaction ou le mélange de ces sons.

Lorsque des musiciens jouent dans une pièce, ils remplissent l’espace. Ils illuminent acoustiquement toutes les surfaces visibles dans la pièce.  Le son se propage lorsqu’il se déplace, distribuant son énergie sur une zone de plus en plus grande au fur et à mesure de sa propagation. Et l’énergie de l’onde sonore est progressivement absorbée par l’air dans la pièce et par les matériaux dans les surfaces qui délimitent cette pièce. Le résultat est que le son devient de plus faible en plus faible au fil du temps.

Pourquoi nous utilisons la réverbération ?

Sans que l’on s’en rende compte, nous entendons constamment les sons qui nous entourent avec les réflexions de l’espace acoustique dans lesquels ils se trouvent. Lorsque l’on réalise une prise de son, on a tendance à choisir un espace acoustique relativement neutre, c’est à dire avec peu de réverbération. Mais il arrive que notre oreille est besoin d’entendre davantage de son réverbéré pour retrouver une sensation de naturel. Dans ce cas, la disposition des micros et des instruments dans une pièce peuvent jouer un rôle ou alors l’utilisation de micros d’ambiance est de rigeur.

Une pièce avec beaucoup de réflexion peut parfois être un atout sur certains instruments, ou dans certains styles de musique ou encore pour trouver une ambiance particulière sur un morceau. Alors que l’enregistrement de la qualité acoustique d’une pièce peut conduire à des résultats étonnants, la plupart du temps, nous enregistrons avec peu ou pas de réverbération naturelle, et nous préférons ajouter une réverbération artificielle dans un second temps.

Il y a différentes raisons à vouloir enregistrer dans un environnement neutre, la première étant de pouvoir plus facilement isoler les sons les uns des autres. Les musiciens ont besoin et aiment enregistrer ensemble dans le même espace pour s’entendre et retrouver leurs repères sonores du live. Toute la difficulté dans ce genre de configuration est de faire en sorte que chaque micro capte le son direct des instruments avec le minimum de bruit ambiant.

Travailler dans des studios très absorbants nous aide à réduire ces phénomènes de fuites. Pour atteindre cet objectif, nous rapprochons souvent les microphones de l’instrument. C’est une des raisons qui fait que nos pistes n’ont souvent pas de réverbération. Se rapprocher de la source, nous permet de capturer des timbres vifs, et obtenir cette qualité plus vraie que nature que nous attendons dans un enregistrement professionnel.

Reverb : tout savoir sur la réverbération

Les réverbérations artificielles

Comme on vient de le voir, nous aimons travailler chaque piste en leur donnant leurs propres effets distincts pendant que nous mixons. Surtout parce que nous ne savons pas toujours quel type de réverbération nous voulons le jour de l’enregistrement, mais aussi parce que nous avons besoin d’avoir une meilleure idée de l’arrangement dans son ensemble, pour pouvoir choisir et doser la réverbération dans le contexte du mixage.

Tous ces paramètres nous poussent à enregistrer la plupart de nos pistes avec peu ou pas de réverbération naturelle, pour avoir le luxe de décider plus tard. Dans la musique “moderne”, nous avons l’habitude d’avoir des sons avec beaucoup de proximité pour donner un son riche et puisant. Ce n’est pas forcément le cas pour les techniques classiques et quelques techniques de jazz dans lesquelles nous plaçons souvent les micros à une certaine distance de l’orchestre ou du groupe, enregistrant simultanément le son de tous les musiciens, plus le son de la pièce.

La plupart d’entre nous vont probablement enregistrer en multipiste et ne pas enregistrer d’orchestres ou des groupes dans de grande cabines studios. Donc enregistrer avec des micros proches sur de la source et ajouter de la réverbération sera notre pratique standard.

Le traitement des réflexions en studio nous libère des contraintes de l’acoustique réelle de la pièce et nous permet d’explorer autant d’options et de techniques d’enregistrement.

3 commentaires

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  • Merci Nicolas. C’est vrai que c’est commun pour les delays, mais j’ai lu quelques rares articles ‘c’est vrai) qui parlaient de cette même technique appliquée aux reverbs, sans que j’en vois vraiment l’intérêt.

  • Bonjour Nicolas,

    Je souhaiterai en savoir plus sur la synchronisation d’une reverb au tempo de son morceau (pre-delay, decay… ). Quelle est la valeur ajoutée et son type d’utilisation ?
    Merci !

    • Bonjour Jean Michel,
      Très franchement, c’est plutôt rare de caler une reverb au tempo, on peut éventuellement le faire avec le pré delay et dans ce cas il suffit de convertir le tempo du morceau en ms. Rien ne l’empêche de le faire aussi sur la reverb mais difficile d’avoir de la précision…
      Pour ma part, je le fais très rarement pour ne pas dire jamais, je réserve plus ça pour les delays où là il y a un vrai intérêt…