Rencontre avec Dominique Blanc Francard

Je ne saurai pas par où commencer pour vous présenter l’ingénieur du son français le plus réputé et sans doute le plus expérimenté qui soit. Dominique Blanc Francard est une légende du son, il a travaillé entre autres pour : Pink Floyd, T. Rex, Claude Nougaro, Nino Ferrer, Etienne Daho, Robert Palmer, Jean Louis Aubert, Rita Mitsouko, Stephan Eicher, Serge Gainsbourg, Camille, Benjamin Biolay, Raphaël, et beaucoup beaucoup d’autres…

En préparant cette rencontre et en essayant de répertorier le parcours de DBF (Dominique Blanc Francard) j’ai été subjugué par la quantité de disque qu’il a réalisé mais surtout par tout ce chemin parcouru avec pas moins de 50 ans de métier !

Je pourrai prendre le temps d’énumérer un à un tous ces projets, et tenter de vous faire une synthèse de sa biographie, mais le mieux est encore de vous inviter à lire son livre “it’s a teenager dream” pour mieux comprendre qui se cache derrière les manettes du studio Labomatic. Vous y découvrirez tous ce chemin parcouru depuis le studio Gaffinel fin des années 60, jusqu’au studio Labomatic aujourd’hui.

Dominique Blanc Francard

Ce que j’aime dans ce livre, au delà de tous les sujets qui y sont évoqués, c’est l’impression de revivre les grandes séances de studio auxquelles j’ai pu assister. Nous sommes littéralement embarqué par les anecdotes et la réalité de ce qui se passe dans tous les studios du monde. Ce livre est aussi accompagné d’un album du même nom dans lequel il utilise les méthodes d’enregistrement de l’époque des standards choisi pour l’album. De nombreux invités prestigieux se prête au jeu et la qualité est bien sûr au rendez vous.

Le plus incroyable est la simplicité mais aussi l’homme passionné qui aime transmettre son expérience et faire partager son vécu à travers les innombrables séances d’enregistrement qu’il a dirigé.

Il faut apprendre qu’il n’y a pas de règle, et pour apprendre il faut se forger sa propre expérience.

Dominique Blanc-Francard a évolué avec son temps, lui qui a commencé au studio ETA Gaffinel avec une seule piste, en passant par le mythique studio d’Hérouville où il voit passer dans ce studio Elton John, les Grateful Dead et les plus grands réalisateurs du moment, dont Tony Visconti. DBF à connu tant d’évolution technologique jusqu’à aujourd’hui. Aucun studio parisien n’a de secret pour lui (Davout, Ferber, plus 30…)

Pour lui rien n’est plus important que la source, peu importe les moyens que l’on possèdent, l’important c’est la source.

En fait c’était exactement le contraire, et ce sera confirmé par tous les clients que nous aurons vu défiler au studio. Le son de la guitare ne va pas ? On change de guitare. Si au bout de cinq guitares différentes le son ne va toujours pas, on change de guitariste. Et dès que l’on obtient un son qui va dans la direction souhaitée, on le travaille légèrement avec le reste de la chaîne technique et on passe à autre chose. J’ai appris aussi et surtout ce jour-là que le son idéal est un mélange savant entre le son de l’instrument, la façon dont il est joué, l’endroit où il est placé, et en dernier lieu, le micro et préampli utilisé. Il m’aura fallu presque dix ans pour faire cette découverte fondamentale, qui reste encore d’actualité aujourd’hui.

Tout ceci nous prouve que pour faire de bon disques il faut avant tout faire de la bonne musique et trouver le moyen de véhiculer des émotions. La technique importe peu, il faut apprendre à écouter.

L’album : Dominique Blanc-Francard et al. It’s A Teenager Dream (Parlophone/ Warner) 2016

Le livre : Dominique Blanc-Francard et Olivier Schmitt It’s A Teenager Dream : itinéraire d’un ingénieur du son (Le Mot et le Reste, dist. Harmonia Mundi) 2016

Page Facebook du studio Labomatic
Site officiel du studio Labomatic

Photos : http://ernould.com/

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