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Mixage

Compression audio : 5 points pour être efficace

10 août , 2015  

Compression audio : 5 points pour être efficace

Le principe de la compression d’une amplitude sonore est sans doute la chose la plus confuse pour les ingénieurs du son en herbe. Pour certains la compression peut paraitre compliquée et intimidante.

L’utilisation d’un compresseur passe par le réglage de plusieurs paramètres :

  • Thresold (seuil)
  • Ratio (taux de compression)
  • Le temps d’attaque
  • Le temps de relachement
  • Knee (sur certains compresseurs)

Certains de ces paramètres peuvent s’appliquer automatiquement sur certains compresseurs. Pour tous les autres, il est indispensable de bien connaitre le rôle de chacun pour pouvoir modeler efficacement l’amplitude d’un son. Il y a de nombreuses possibilités d’applications d’un compresseur : comme pour canaliser “gentiment” un son, jusqu’à des applications extreme, pour venir chercher le son même de la machine. On peut donc l’utiliser de plusieurs façons dans un seul et même mixage.

J’ai vu beaucoup d’ingénieurs du son se dire : tiens je vais essayer ce compresseur pour voir ce qu’il peut apporter à mon son. Il le câble, commence à bouger les boutons jusqu’à trouver le son qu’il désire ou complètement abandonner l’appareil. Ce genre de processus peut prendre énormément de temps, et peut très vite vous faire oublier pourquoi vous vouliez compresser ? J’aimerais vous dire qu’il n’y a pas de mauvaise méthode pour utiliser un compresseur, mais malheureusement il existe de nombreuses façons d’utiliser un compresseur de manière incorrecte.

Une mauvaise utilisation d’un compresseur dans un mix peut le ruiner totalement. C’est pour ça que je vous conseille de l’utiliser lorsque vous avez une bonne raison pour le faire. Si vous essayez de résoudre un problème dans votre mixage ou ajouter un effet de texture quelconque, vous devriez être en mesure de choisir rapidement les compresseurs à utiliser et les paramètres à régler.

Je vous ai réuni ici 5 méthodes pour bien démarrer dans l’utilisation de vos compresseurs.

1 – Dompter les transitoires : Attaque rapide + relâchement rapide + seuil elevé :

Compression audio : 5 points pour être efficace

Voici une méthode classique pour lisser les “peaks” de votre signal, un peu comme pourrait le faire un compresseur de type “clipper”. On va placer le seuil relativement haut pour faire travailler le compresseur uniquement dans la zone la plus forte de votre signal. En appliquant une attaque rapide, le compresseur va immédiatement atténuer l’amplitude de votre signal dans cette zone la plus forte.

Par conséquent, la réduction de gain sera principalement appliqué uniquement lorsque l’amplitude du signal est supérieure au seuil. Lorsque l’amplitude tombe en dessous du seuil, la réduction de gain ne sera pas appliqué.

Si le seuil est fixé de sorte que seule la transitoire d’un signal déclenche le compresseur, ce réglage pourra être utilisé pour “dompter” ces transitoires et ainsi aider à prévenir un écrêtage du signal.

Le seuil peut être ajusté pour modifier la quantité de la transitoire à modifier. En abaissant le seuil et en augmentant le ratio, la transitoire sera forcement plus “écrasée”. Des réglages extrêmes avec cette technique fonctionne bien en compression parallèle. Avec des compresseurs “typés” genre des 1176, distressors etc… Cette technique est idéale pour contrôler l’attaque des sons de batterie.

2 – Accentuer les transitoires : attaque moyenne, relâchement en synchro avec le tempo, seuil élevé. Compression audio : 5 points pour être efficace

Le complément d’un réducteur de crête et un “exciter” de crête. Au lieu d’utiliser le compresseur pour réduire l’amplitude de la transitoire du signal, on va l’utiliser pour réduire l’amplitude du “sustain”.

Le seuil doit encore être réglé de sorte que la réduction de gain soit déclenché uniquement par la transitoire. Cependant, le temps d’attaque doit être augmentée de sorte que la réduction de gain soit appliqué après la transitoire. En retardant la réduction de gain, le sustain du signal sera réduit. Avec cette technique, la sortie du compresseur peut être réglé de sorte que la réduction de gain se poursuit jusqu’au début de la note suivante. Par conséquent, le temps de relâchement doit être réglé pour être synchronisé avec le tempo du morceau. Il faudra convertir les BPM en ms pour bien indiquer les valeurs correspondante sur le temps de relâchement, et faire en sorte que le compresseur reviennent à son seuil initial entre les notes voulues.

Cette technique est idéale pour batterie, basse, guitare, piano, et partout où vous voudrez affiner l’attaque de l’instrument. Le réglage du ratio à des niveau bas (2: 1) ou des réglages élevés (8: 1) changeront la force de l’écrasement du relâchement.

Pour utiliser ce genre de réglages, il peut être utile d’utiliser un compresseur avec un contrôle précis sur le temps d’attaque et de relâchement.

Quelques idées de départs :

Commencez avec une attaque et un relâchement rapide et fixez le seuil pour détecter les transitoires de votre signal.
Ralentissez le temps de relâchement de sorte que la réduction de gain dure jusqu’à la transitoire (note) suivante.
Enfin, ralentir le temps d’attaque jusqu’à ce que vous entendiez nettement la transitoire passer à travers.
Il y a aussi beaucoup de compresseurs qui ont des paramètres fixes, et qui effectuent cette technique automatiquement.

Le dbx 160 et LA-2A sont des exemples de compresseurs qui ont un temps d’attaque fixe, qui permettent le passage des transitoires.

Compression audio : 5 points pour être efficace

Le dbx 160 est idéal pour les batteries, tandis que le LA-2A va être plus sympa sur la basse. Le temps de sortie du LA-2A est un programme dépendant, ce qui signifie qu’il se synchronise, à peu de choses près, avec les notes de l’instrument automatiquement.

Sur une console SSL, le compresseur a un interrupteur pour le temps d’attaque. Dans une position, le temps d’attaque sera rapide et dans l’autre, le temps d’attaque sera plus lent. Le commutateur suppose que l’ingénieur a besoin de seulement deux paramètres : soit un temps d’attaque qui va comprimer les transitoires ou un temps d’attaque qui permettra les transitoires de passer à travers. En général, cela peut être un moyen utile de réfléchir sur l’utilisation de la commande d’attaque d’un compresseur. Même si un bouton réglable peut être utilisée pour définir le temps d’attaque, il peut être beaucoup plus simple de se poser la question au moment de choisir votre temps d’attaque : transitoire ou non ?

3 – Réduction de la dynamique transparente : seuil bas, petit ratio

Compression audio : 5 points pour être efficace

En théorie, un compresseur est un processeur d’amplitude pouvant être utilisé pour réduire (comprimer) la plage dynamique d’un signal. Comme nous l’avons vu, un compresseur peut également être utilisé pour augmenter (élargir) la plage dynamique d’un signal, en accentuant les transitoires.

Une autre technique pour réduire la plage dynamique d’un signal est de fixer le seuil de sorte que le compresseur réponde à la fois à la transitoire et au relâchement du signal. Si un faible ratio est utilisé, cela peut être une méthode très transparente pour réduire la plage de dynamique. Pour commencer, vous pouvez utilisez des ratios de 1,2: 1 à 1,5: 1. Une fois ce ratio mis en place, le seuil devra être réglé pour que presque la totalité du signal déclenche le compresseur.

Avec cette technique, la réduction de gain du signal qui passera légèrement au-dessus du seuil sera plus petite que pour les parties du signal qui dépasseront nettement le seuil.

Pour bien comprendre, voici un exemple : avec un ratio de 1,5: 1, si un signal d’entrée est de 6 dB au-dessus du seuil, la sortie sera de 4 dB au dessus du seuil. La réduction du gain sera de 2 dB. Si un signal d’entrée est de 15 dB au dessus du seuil, la sortie sera de 10 dB au dessus du seuil pour une réduction de gain de 5 dB.

Par conséquent, cette technique est un moyen efficace de réduire légèrement le gain de signaux de faible amplitude et de réduire doucement le gain de signaux d’amplitude élevée. Avec un tel faible ratio, les compresseurs peuvent être très transparent.

4 – Long temps de relâchement : compression qui “rehausse” le son

Compression audio : 5 points pour être efficace

Nous avons vu que la dynamique d’un signal peut être réduite en diminuant l’amplitude quand il dépasse un certain seuil (compression vers le bas). Mais on peut aussi réduire cette dynamique en augmentant l’amplitude qui est en dessous de ce seuil (compression vers le haut).

Ce mode de fonctionnement n’existe pas vraiment dans le monde réel. Aucune machine à ma connaissance ne propose ce genre de réglages. En revanche, on peut facilement le trouver sur certains plugins.

Ce type de compression est utile si votre souhaitez changer l’amplitude des parties les plus calmes de votre signal. Par exemple si vous souhaitez augmenter l’amplitude d’une note maintenue.

Les meilleurs exemples pour utiliser cette technique sont les voix, les instruments leads et la basse. Le résultat d’une “compression vers le haut” est un signal qui a un niveau beaucoup plus uniforme. Par conséquent, il peut aider une voix à rester à l’avant dans un mix. Elle peut également aider à stabiliser le son d’une basse de manière très efficace.

Le coefficient du ratio de ce genre de “compression vers le haut” est inférieur à 1:1.

Par exemple : si le ratio est de 0,5: 1, cela signifie que si un signal d’entrée est de 4 dB en dessous du seuil, il sera augmenté de sorte qu’il soit à seulement 2 dB en dessous du seuil. Lors du réglage du ratio pour ce genre de compression, vous aurez forcement un perte de volume. Même les paramètres de 0,9: 1 peuvent avoir un impact significatif.

On peut trouver ce genre de compression sur des plugins comme Waves MaxxVolume/MV2 et certains de chez iZotope.

5 – Plus de gain : Compression faible avec un gain élevé.

Compression audio : 5 points pour être efficace

Un autre version de “compression vers le haut” peut être accompli en utilisant une combinaison de compression vers le bas et le gain de sortie. ainsi, si votre compresseur ne vous permets pas d’appliquer la technique de compression vers la haut, vous pourrez obtenir un résultat similaire.

La compression vers le bas peut être utilisé pour réduire l’amplitude du signal quand il est au-dessus d’un seuil. Une fois la compression effectuée, il existe une marge supplémentaire pour augmenter le gain d’un signal sans écrêtage. En appliquant un gain d’appoint constant, à la fois l’amplitude au dessus et en dessous du seuil sera augmenté.

Ce type de compression peut être utilisé de manière très subtile ou de façon très prononcée. Essayez les deux en série et en parallèle. Expérimentez sur différents éléments : batterie, chant, piano, etc.

Presque n’importe quel compresseur peut être utilisé avec cette technique. Vous pouvez essayer “le british mode” sur un 1176 pour vos micros “room” d’une batterie, des paramètres plus soft avec un CL-1B pour la voix par exemple, ou encore d’un Fairchild sur le bus master d’un mix.

Dans tous ces cas de figures présentés, souvenez vous de toujours appliquer votre compression dans un but précis !

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5 Réponses

  1. Il est vraiment bien cet article Nicolas … Et si on prend le temps de bien mettre en place juste le point n* 1 , et de ressentir les modifications du son avec ce type de réglage !!!!!! Le compresseur’ devient alors , vraiment un outil … efficace et artistique très puissant – Merci pour votre bonne pédagogie !!!!

  2. Bonjour,

    Je m’appelle Régis et je cherche un appareil qui, tout comme celui qui déclenche des lumières au rythme de la musique, déclencherait un “bip” ou un son bien repérable (calé sur les basses par exemple).

    Ce serait en quelque sorte comme une si le rythme musique déclenchait un ” métronome “, ” métronome ” qui suivrait donc le rythme de cette musique.
    Cela dans le cadre d’une activité de ” jonglage gestuel ” sur musique.

    Le ” métronome ” ainsi déclenché soulignerait de manière plus nette la pulsation de la musique pour permettre aux jongleurs qui ne percevraient pas suffisamment cette pulsation, de réussir – malgré tout – à caler leur gestes en restant bien en rythme.

    Je ne sais pas si j’ai été assez clair …

    Sinon, je n’y connais absolument rien techniquement parlant, électroniquement parlant …

    Merci par avance si vous pouvez me répondre, m’orienter, m’envoyer un lien pertinent …

    Merci.

  3. Kamoun René dit :

    Bonjour,
    Vous êtes expérimenté et vos propos intéressants. Cependant, je relève une erreur courante qui consiste à penser qu’on peut caler un release-time comme si c’était un delay. En fait, sur la plupart des compresseurs, le release s’allonge quand on abaisse le seuil, jusqu’à 4 ou 5 fois la valeur du réglage. Il ne peut pas être calé précisément sauf à l’oreille si le pompage est bien audible.
    Une 2ème remarque : vous ne citez pas comme paramètre de base le gain du compresseur, pourtant responsable de bien des effets secondaires.
    Enfin, 3ème remarque, l’attack time ne retarde pas l’action du compresseur. En effet, celle-ci commence dans tous les cas dès le franchissement du seuil et l’atténuation est plus ou moins rapide selon de réglage, donc le transitoire n’est pas intégralement épargné.
    Au-revoir, au plaisir de vous lire.
    René Kamoun

    • Bonjour René,
      Il serait difficile de donner une explication unique sur l’utilisation de la compression, car il n’y a pas deux compresseurs qui réagisse de la même manière…
      J’insiste toujours sur le fait de comprendre le principe de base et d’ensuite faire confiance à ses oreilles 😉
      Je suis assez d’accord avec votre 1ere remarque sur l’effet de pompage, bien que la sensation de rallonge du temps de relâchement est plus pour moi de l’ordre du ressenti lorsque que notre seuil est très bas. Même avec un temps relâchement très faible on peut ressentir cet effet… Un peu comme un effet secondaire pour reprendre votre expression…
      Je suis également d’accord avec les autres remarques, c’est ce que j’ai essayé d’expliquer au début de l’article par rapport aux transitoires…

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