Mixage voix : Le guide complet

Mixage

Mixage voix : Le guide complet partie 2

24 juil , 2015  

Mixage voix : Le guide complet (suite)

Dans cette deuxième partie du guide du mixage de la voix, nous allons parler essentiellement dynamique et plus précisément des méthodes de compression à adopter pour vos voix.

La dynamique

Comme on l’a vu dans la première partie, si le fait de couper des fréquences peux paraitre parfois un peu « abstrait » l’utilisation d’un compresseur l’est tout autant. Ce serait compliqué d’expliquer avec des mots comment sonnerait une bonne compression et surtout comment y parvenir dans n’importe quel scénario. Donc le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est d’essayer, de faire des expériences quitte à faire des erreurs… Comme pour les EQ, le preset magique n’existe pas.
astuce mixage

Le plus de la compression

La chose la plus facile à obtenir avec un compresseur est de réduire le gain des sons les plus forts. Et lorsque que l’on débute, on peut se demander en quoi c’est une bonne chose. En allant plus loin on s’aperçoit aussi que les sons les plus faibles semble mieux ressortir grâce à ce fameux « make up gain » C’est l’effet désiré de la compression : donner une sorte d’intensité à un son.

Si la réduction des parties les plus fortes n’est pas trop exagérée, monter le gain du compresseur donnera un ensemble plus fort. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle les novices utilisent un compresseur, mais ce n’est certainement pas la seule.

Augmenter l’intensité d’un son donne d’autres « sensations » comme plus de présence, plus de détails dans les sons faibles, et augmente l’intelligibilité. Lorsque que vous mixez une voix dans une musique ou même un dialogue pour un jeu vidéo ou un film, ces améliorations seront intéressantes à apporter. Mais on va voir qu’il y a d’autres conséquences du à la compression sur une voix.

L’effet de la compression

Soyons honnête, il n’y a rien de plus désagréable que d’écouter une mauvaise compression (et pas que sur les voix). La fameuse sensation de pompage ou d’aspiration du à un niveau de seuil trop bas et une mauvaise gestion du temps d’attaque et de relâchement.

Une trop forte compression peut déséquilibrer la balance de la voix en elle même, en rendant les parties soft trop forte et les parties hautes trop faible. Mais en plus de ça, faire ressortir le bruit de fond, les réflexions de la pièce, la respiration, la sibilance, ainsi que les plosives, comme on l’a vu dans la première partie. D’où l’intérêt de filtrer ces problèmes AVANT d’appliquer la compression. Dans la pratique, ces exemples de mauvaises compressions serait à bannir absolument, mais il arrive que de « mauvais » réglages fonctionne parfois. Si dans certains cas, cela fonctionne pour vous, allez y. C’est important de faire confiance à ses oreilles.

D’autres exemples pourrait être plus ou moins bon à donner suivant le type de son désiré. Mais encore une fois, je ne vais pas vous donner de recettes. Partez du principe que la compression va vous apporter de « l’épaisseur » sur votre son de voix, mais si vous voulez quelque chose de délicat et naturel, cela va être un peu plus compliqué.

La compression va également stabiliser les variations de volume. Comme si quelqu’un aurait suivi le fader pour faire en sorte de tout entendre au même volume. Si vous souhaitez que tout soit au même niveau, pas de problèmes. En revanche, si vous voulez que des parties genre chuchotement ressortent faibles et des hurlement très fort, le compresseur ne va pas vous aider pour ça. Lorsque que le temps d’attaque sera plutôt lent, le compresseur pourra donner plus d’énergie. Et il faudra appliquer un temps d’attaque plutôt rapide pour lisser votre voix.

Si vous êtes plutôt débutant dans l’utilisation du compresseur, essayez différents réglages pour voir l’impact sur votre voix.

Mixage voix : Le guide complet

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Techniques de compression

Il y a de nombreuses méthodes pour utiliser un compresseur. Je vais donc vous présenter essentiellement celles que j’affectionne pour la voix. Il n’y a pas deux compresseurs qui se ressemble, mais regardons de plus prés les principaux paramètres que vous allez trouver systématiquement sur chacun d’entre eux.

Attaque

Un des principaux effets de base que l’on peut trouver, c’est le système automatique de l’attaque et du relâchement. Mais l’intérêt est de personnaliser ces valeurs pour avoir des sons plus personnel.  Par exemple en augmentant le temps d’attaque pour avoir plus de « punch » sur votre son.

La plupart du temps, je trouve mon temps d’attaque idéal entre 5 et 30 ms. Au delà de 30 ms le compresseur va laisser passer certaines syllabes et faire son travail de compression après. Mal dosé, cela peut créer un déséquilibre du son de la voix. Ce genre de cas peut s’appliquer si la voix à un son avec beaucoup d’impact. J’ai noté ces valeurs à titre d’exemple, car je tourne toujours les boutons et je fais travailler mes oreilles jusqu’à trouver ce qui m’intéresse.

Les temps d’attaque plus long vont donc faire ressortir les sons les plus forts et leur donner plus d’énergie et d’impact. L’inconvénient, c’est que le compresseur va moins réduire ces sons forts et vous ne pourrez pas monter le gain de sortie sans risque de provoquer des « clips » sur votre piste.

A l’inverse, un temps d’attaque très rapide va donner une sensation d’épaisseur et de lourdeur. N’hésitez pas à jouer légèrement sur ce temps d’attaque pour ajuster la couleur souhaitée à votre son.

Release

Si mon compresseur ne possède pas un relâchement automatique, je trouve mon relâchement idéal entre 20 et 80 ms, parfois plus sur des voix très « legato ». Le temps de relâchement sera plus lent que le temps d’attaque pour faire en sorte que mon compresseur reviennent à zéro entre chaque syllabes ou phrase (ou du moins dans des zones vides) Si vous n’arrivez pas à trouver un réglage qui vous permettra de remettre votre compresseur à zéro régulièrement, vous allez constamment descendre le son de votre voix vers le bas et éliminer toutes sensations de dynamique.

Si votre temps de relâchement est trop rapide, il se peut que vous ressentiez une sensation de « pompage » Plus le temps d’attaque sera long, plus le son paraitra « lisse », il atténuera les sons les plus forts sans pour autant amplifier les parties les plus faibles.

Si votre compresseur a un auto-release, cela peut être intéressant sur les voix. Le compresseur LA2A en est un très bon exemple pour ça.

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LA2A

Threshold

Je ne vais pas vous donner un niveau de seuil idéal, étant donné que cela dépend toujours du niveau de l’amplitude de la voix, et de l’interaction des paramètres du compresseur. Le truc est de savoir de combien de db vous souhaitez compresser. En général, je place mon threshold pour obtenir une réduction de gain d’environ 3 ou 4db. Cela peut varier suivant les cas, mais pour démarrer une réduction de quelques db est un bon point de départ. Quand la réduction de gain est trop important sur une voix, cela peut sonner trop « artificielle ». Cela peut être intéressant dans certains styles (rap, métal) mais la plupart du temps je préfère garder tout le naturel de la voix.

Et là vous me dites, que placer le seuil pour une quantité de réduction désiré c’est bien, mais lorsque que l’on va travailler sur les temps d’attaque et de relâchement, le gain va forcement changer. C’est vrai. Donc bien sur, il faudra réajuster ce dernier pour obtenir ce que l’on veut. Il est judicieux de vérifier cette réduction dans différents partie du morceaux et d’affiner si besoin. C’est sans doute le paramètre que l’on va le plus modifier.

Une technique que j’ai apprise au côté de Michael Brauer, c’est d’envoyer ma piste voix dans un bus mono dans lequel sera inséré un compresseur en postfader. Dans cette configuration mon fader jouera le rôle de threshold : plus je monte le fader plus le compresseur sera sollicité et inversement. L’idée est d’utiliser le compresseur autrement qu’en insert classique, et jouer sur l’automation et donc sur les nuances de la voix.

Ratio

La voix n’est pas un élément qui nécessite un ratio très élevé. Pour ma part, je vais rarement au delà d’un ratio de 4:1 sauf dans des cas particulier ou d’effets spéciaux. Le fait d’appliquer un ratio bas m’oblige à utiliser un seuil plutôt bas et donc de faire travailler le compresseur quasiment tout le temps, ce qui me permet de garder un bon compromis entre un son naturel et dense à la fois. Si je voudrais uniquement travailler sur les crêtes, je placerais mon seuil relativement haut et j’appliquerais un ratio très fort genre 12:1 ou 20:1.

Compression parallèle

Le fameux truc magique pour apporter le gros son. Le même signal est reparti sur deux pistes, avec deux traitement différent sur chaque pistes, puis mélangée entre elles. La compression sera appliqué que sur une piste, ce qui ne rend pas les choses forcement plus précises. En effet, sur un passage un peu fort, la voix peut ressortir brusquement sur la piste non compressé, et sera plus faible sur la piste compressée.

Un chant « rapide » et percussif restera naturel, le compresseur ne fera que diminuer ces parties. lorsque que le chant sera calme et léger, le compresseur augmentera le gain de ces sons, comme si vous le feriez en bougeant les faders.

La technique utilisé depuis bien longtemps maintenant, consiste à assigner la voix sur deux pistes. The tape return ou la sortie de votre DAW va dans une tranche et est renvoyé à travers un bus ou un send dans une deuxième piste. Cette seconde piste a donc un compresseur assigné en insert. Le principe est le même à l’intérieur d’un séquenceur. On peut rencontrer certains plugins avec une option wet/dry qui permet d’utiliser la compression parallèle sur une seule piste, facilitant sa mise en place.

Mixage voix : Le guide complet

J’ajuste mon compresseur jusqu’à ce que le signal compressé soit moins fort que l’autre piste pour les parties les plus fortes, et plus fort que la piste originale dans les parties les plus faibles. Avec ce réglage, mon schéma de compression sera d’environ moitié de son compressé et moitié son brut. Je pourrai éventuellement ajuster certains niveau avec une automation, comme pousser la piste compressée quand je veux plus de volume dans certaines parties du morceau.

J’ai réalisé une vidéo qui s’inspire de ce genre de technique.

La compression parallèle permet des effets unique. Si par exemple, vous souhaitez un volume constant d’un retour de reverb pour votre voix, vous pouvez envoyer votre reverb uniquement depuis votre piste compressé. Et si vous souhaitez un delay respectant la dynamique de la voix, il vous suffira de l’envoyer depuis votre piste non compressé.

Les chanteurs qui ont l’expérience du studio, sauront gérer l’effet de proximité, ils auront tendance à s’approcher du micro lors des passages calme, et à se reculer dans les parties les plus hautes. Cela peut être d’une grande aide pour la qualité de la prise, mais cela peut vouloir dire que les parties calme auront un son plus grave que les autres. Mais si vous appliquez un filtre coupe bas avant le compresseur de votre piste compressé, vous pourrez rééquilibrer cette différence. Et pareil, si les parties calmes sont difficiles à comprendre vous pouvez appliquer un EQ après le compresseur pour booster la zone entre 2 et 5khz par exemple, pour faire ressortir la diction.

En général, lorsque que l’on applique un traitement sur la piste non compressé, il aura tendance à mieux se faire entendre dans les parties les plus fortes, et à l’inverse il se fera mieux ressentir dans les parties les plus calme du signal compressé.

Encore plus de compression

Le petit truc que j’utilise régulièrement, c’est d’appliquer plusieurs compresseur à la suite. Au lieu de compresser une seule fois « grossièrement », je vais appliquer plusieurs compresseur plus subtilement. Je peux appliquer une légère compression durant la prise, puis une autre compression sur ma piste voix via un plugin (ou hardware) et peut être une troisième compression à travers un bus et pour finir une compression sur le mix, et voir même une ultime compression lors du mastering.

Cette série de compression fonctionne mieux quand les réglages sont légèrement différent les uns des autres. Par exemple, utilisez un faible ratio pour l’enregistrement, puis utilisez un compresseur qui sonne différemment avec un ratio plus important pour une compression parallèle. Essayez différents réglages d’attaque et de relâchement. avec cette méthode, la réduction de gain ne se fera pas au même endroit suivant le réglage du compresseur. Ce qui peut donner une texture travaillé et original durant tout le processus de traitement.

Limiteur

Beaucoup de personnes utilisent un limiteur pour traiter les voix. Il m’arrive également de l’utiliser mais uniquement dans des cas bien particulier. Il ne faut pas perdre de vue que ce genre de traitement est utilisé dans des phases de finalisation de son comme le mastering et fournir des sons déjà bien limité peut s’avérer très compliqué à gérer lors du mastering. Une mauvaise application du limiteur, peut sonner pire qu’une mauvaise compression. Un son trop limité va tout de suite donner un son très amateur, pour moi, c’est l’erreur la plus facilement détectable lors d’une écoute.

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Ci dessus le L1, Le limiteur à la mode et utilisé dans d’innombrable mix. C’est le genre d’outil qui va vous faire gagner beaucoup de volume mais au détriment de toutes nuances présentes dans votre voix. Même si le L1 est réputé pour être très transparent, au delà d’un certain seuil, il ne fera que « écraser » votre son. C’est pour ça que pour ma part, j’essaye de trouver l’énergie de mon son dans d’autres outils, pour garder au maximum le naturel de ma voix. C’est une solution de facilité, je préfère l’utiliser avec précaution. Quoi qu’il arrive faites attention de bien rester en dessous du niveau fatidique du 0db FS (full scale)

Bonne compression à tous ! et n’hésitez pas si vous avez des questions à les poster dans les commentaires


1 réponse

  1. koko dit :

    Super

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